.
Je m’aperçois à la relecture que les « échecs » relationnels relatés en première partie sont tous liés à des employés en tout début de contrat, à l’essai donc, et que je ne connaissais pas avant de les engager.
Ce n’est pas le cas de Christian, avec qui j'avais entretenu une relation amicale pendant plus de vingt ans avant de faire appel à lui dans une période difficile du magasin, juste après le départ de deux anciens employés et à un moment où mon chiffre d’affaire baissait de manière régulière.
Je fis donc appel à lui sachant qu’il avait auparavant géré son propre magasin, qu’il connaissait bien plusieurs domaines du mien et qu’il serait capable de développer des nouveaux rayons ayant trait à ses passions personnelles. Il était de plus extrêmement sociable et très probablement bon vendeur.
J’espérais en bref qu’il serait capable de reprendre en main mon commerce et à terme d’en devenir le gérant. Je comptais aussi sûr lui pour superviser les autres employés, 2 à ce moment-là.
Le premier accroc est survenu lorsque ma fiduciaire nous convoqua pour nous expliquer une nouvelle manière de tenir la comptabilité.
Pendant toute la séance, Christian prit une grande quantité de notes et m’assura que tout était clair pour lui.
Revenu au magasin, il n’appliqua cependant pas tout de suite les nouvelles directives. Je m’en inquiétai auprès de lui et il me répondit qu’il s’en occuperait en temps voulu.
Les semaines passèrent et… toujours rien.
Je le sommai finalement de réorganiser les comptes avec effet immédiat et l’expression de consternation sur son visage ne laissa aucun doute : il n’avait pris aucune note ou les avait perdues depuis. Personnellement, je penche pour la première proposition, aussi absurde puisse-t-elle paraitre.
Je le surpris plus tard en conversation téléphonique avec la fiduciaire, en train de lui soutirer laborieusement les instructions qu'il avait déjà reçues deux semaines plus tôt.
Le 2ème point de contention rapprocha clairement Christian de la sortie : après plus d’un mois de travail dans ma librairie, Il n’avait pas fait le moindre apport créatif dans le magasin, ni dans l’arrangement ou la gestion de la marchandise, ni dans la moindre commande d’articles nouveaux. Le Néant absolu.
Et de fait, je sentais que sa présence dans mon entreprise commerciale avait au mieux une influence … nulle sur celui-ci.
Face à mon inquiétude, il m’expliqua qu’il devait d’abord apprendre à maîtriser les bases de fonctionnement du magasin ! Je n’y crus pas une seconde et sus dès ce moment-là qu’il me menait en bateau.
L’incident suivant me plongea dans une rage folle.
Un jour que je faisais du shopping en ville, je me souvins d’une instruction incomplète donnée la veille au soir à un autre employé. Je téléphonai donc et Christian répondit. Je lui demandai donc de transmettre mes nouvelles instructions à l’autre employé (qui était à ses côtés à ce moment) , instructions qui tenaient en quelques mots, et avaient trait au classement des mangas.
Je constatai une heure plus tard en arrivant au magasin que rien n’avait été fait : le deuxième employé avait continué le classement sur une base complètement fausse !
Je commençai donc à passer une bordée énergique à ce dernier et il expliqua que Christian ne lui avait transmis aucune instruction !
Confronté avec cette révélation, Christian tenta de me faire croire que je donnais trop d’instructions, trop confuses, et… qu’il avait simplement oublié!
Ma colère à son encontre pris une ampleur rarement égalée.
Je me sentais insulté, trahi, abandonné.
Dans les faits, je n’osais pas renvoyer Christian le jour même ni les jours suivants.
J’attendis, je lui donnai toutes les chances possibles de se racheter mais jour après jour, je n’eus que la confirmation de ce que je ressentais de tout mon être : ce Christian dans lequel j’avais placé tant d’espoir, à qui j’avais donné toute ma confiance, n’avait de toutes évidences pas d’autres intention que de parasiter mon royaume chéri. Ni plus ni moins.
Après des longues semaines de tergiversations, je n’ai même pas eu le cran de lui sortir ses quatre vérités.
Je lui ai expliqué qu’au vu les mauvais résultats persistants du magasin, je n’avais pas les finances pour le garder, ce qui était parfaitement exact, mais très loin d’être l’entière vérité.
Son départ fut aussi cordial que possible mais, alors que dans les précédentes années nous nous voyions au moins une fois par semaine et avions même passé des vacances ensemble, je ne l’ai pour ainsi dire plus vu et plus parlé depuis.
Il a tout simplement cessé d’exister autrement que comme une silhouette que je croise une fois ou l’autre et avec laquelle j’échange quelques banalités. Sans conviction et sans chaleur.
.
vendredi 4 mars 2011
Pauvre Patron (1).
.
Un des aspects de mon existence qui me tracasse le plus concerne mes rapports avec mon prochain, professionnels et personnels.
Au niveau professionnel, j’ai des exemples multiples d’échecs dans le cadre de ma librairie.
Il y a près de 20 ans, j’ai lu une règle simple dans un livre consacré au management : « Lorsque vous donnez une instruction à des employés, la plus grande partie d’entre eux fera de son mieux pour s’acquitter de sa tâche, et une majorité le fera de manière satisfaisante. » Ouf, me voilà rassuré !
…. Sauf que dans les faits, c’est loin d’être le cas.
Quelques exemples?
J'arrive au magasin à la mi-journée et découvre un employé récemment engagé en train de boire une bière à la Caisse. Je lui explique alors de manière très ferme que j’interdis la consommation d’alcool au magasin. Il me rétorque qu’une bière, ce n’est pas vraiment de l’alcool. Ma réponse est immédiate et sans équivoque : « Pas d’alcool. »
Quelques jours plus tard, même scénario, sauf que la poubelle à ses côtés contient CINQ OU SIX bouteilles de bières vides !!! »
Il n’a pas fait un jour de plus.
Une autre fois, je reviens de ma pause de midi, et croise un client devant le magasin qui me dit, outré : « Dis donc, la nouvelle, comme elle m’a parlé ! » Le client me raconte alors que lorsqu’il a demandé à la nouvelle à prendre des livres qu’il a réservés, elle lui a répondu, en reprenant sa formulation : « Puis-je avoir mes réservation S’IL VOUS PLAIT. »
Après son départ, j’ai immédiatement convoqué la coupable dans mon bureau, qui s’est défendue en arguant que le client n’avait qu’à être poli.
J’ai essayé de lui faire comprendre que c’était avant tout à elle de faire preuve de courtoisie et que le client n’avait certainement pas été impoli exprès. Elle n’en a pas démordu : « Je suis polie quand on est polie avec moi. »
Au revoir, mademoiselle!
Un autre nouvel employé est arrivé un de ses premiers jours avec un bon quart d’heure de retard. Je lui en ai fait la remarque, et il m'a regardé (sans répondre) comme si j’étais idiot.
Les jours suivants, il s’est mis à bouder de manière persistante, ne parlant à personne et refusant de sourire à quiconque, malgré une nouvelle remarque de ma part.
Merci pour la visite!
Il y a une dizaine d’années, je recevais tous les étés une riche clientèle de touristes du Golf Persique dans mon magasin. Ils m’achetaient pour des dizaines de milliers de francs de marchandises en quelques semaines. En contrepartie, je leur accordais une réduction de 10% sur tous leurs achats.
Un de mes employés trouvait que ça n’était pas juste. « Ils sont pétés de thunes ! Ils n’ont qu’à payer ! » J’insistai dans un premier temps sur la pertinence de cette règle, et, à cours d’argument, tranchai sans équivoque que c’était ma volonté et qu’il devait l’appliquer.
Quelques jours plus tard, j’appris par un autre employé que le nouveau venait de refuser ce rabais à un client arabe en expliquant à ce client que c’était une nouvelle règle récemment édictée par moi-même!
Ça été la porte pour lui… et la fin de ma grosse clientèle arabe d’été : une perte très conséquente pour mon magasin, simplement due au manque de discipline d'un de ses éléments.
.
Un des aspects de mon existence qui me tracasse le plus concerne mes rapports avec mon prochain, professionnels et personnels.
Au niveau professionnel, j’ai des exemples multiples d’échecs dans le cadre de ma librairie.
Il y a près de 20 ans, j’ai lu une règle simple dans un livre consacré au management : « Lorsque vous donnez une instruction à des employés, la plus grande partie d’entre eux fera de son mieux pour s’acquitter de sa tâche, et une majorité le fera de manière satisfaisante. » Ouf, me voilà rassuré !
…. Sauf que dans les faits, c’est loin d’être le cas.
Quelques exemples?
J'arrive au magasin à la mi-journée et découvre un employé récemment engagé en train de boire une bière à la Caisse. Je lui explique alors de manière très ferme que j’interdis la consommation d’alcool au magasin. Il me rétorque qu’une bière, ce n’est pas vraiment de l’alcool. Ma réponse est immédiate et sans équivoque : « Pas d’alcool. »
Quelques jours plus tard, même scénario, sauf que la poubelle à ses côtés contient CINQ OU SIX bouteilles de bières vides !!! »
Il n’a pas fait un jour de plus.
Une autre fois, je reviens de ma pause de midi, et croise un client devant le magasin qui me dit, outré : « Dis donc, la nouvelle, comme elle m’a parlé ! » Le client me raconte alors que lorsqu’il a demandé à la nouvelle à prendre des livres qu’il a réservés, elle lui a répondu, en reprenant sa formulation : « Puis-je avoir mes réservation S’IL VOUS PLAIT. »
Après son départ, j’ai immédiatement convoqué la coupable dans mon bureau, qui s’est défendue en arguant que le client n’avait qu’à être poli.
J’ai essayé de lui faire comprendre que c’était avant tout à elle de faire preuve de courtoisie et que le client n’avait certainement pas été impoli exprès. Elle n’en a pas démordu : « Je suis polie quand on est polie avec moi. »
Au revoir, mademoiselle!
Un autre nouvel employé est arrivé un de ses premiers jours avec un bon quart d’heure de retard. Je lui en ai fait la remarque, et il m'a regardé (sans répondre) comme si j’étais idiot.
Les jours suivants, il s’est mis à bouder de manière persistante, ne parlant à personne et refusant de sourire à quiconque, malgré une nouvelle remarque de ma part.
Merci pour la visite!
Il y a une dizaine d’années, je recevais tous les étés une riche clientèle de touristes du Golf Persique dans mon magasin. Ils m’achetaient pour des dizaines de milliers de francs de marchandises en quelques semaines. En contrepartie, je leur accordais une réduction de 10% sur tous leurs achats.
Un de mes employés trouvait que ça n’était pas juste. « Ils sont pétés de thunes ! Ils n’ont qu’à payer ! » J’insistai dans un premier temps sur la pertinence de cette règle, et, à cours d’argument, tranchai sans équivoque que c’était ma volonté et qu’il devait l’appliquer.
Quelques jours plus tard, j’appris par un autre employé que le nouveau venait de refuser ce rabais à un client arabe en expliquant à ce client que c’était une nouvelle règle récemment édictée par moi-même!
Ça été la porte pour lui… et la fin de ma grosse clientèle arabe d’été : une perte très conséquente pour mon magasin, simplement due au manque de discipline d'un de ses éléments.
.
mercredi 2 mars 2011
Âge d'or, Âge de raison.
.
J’ai eu l’occasion de revoir une émission diffusée en 2010 par Arte : « L’Âge d’Or de la Musique de Films. 1965-1975. » de Thierry Jousse et Nicolas Saada. Lors de sa première diffusion, elle m’avait apporté une satisfaction instantanée, pour la reconnaissance d'une de mes passions chéries par un média reconnu et respecté.
Ce n’est d’ailleurs pas une première de la part d’Arte, qui a déjà diffusé de très bonnes émissions consacrées à la musique hollywoodienne, à Herrmann, à Morricone, Korngold et celle-ci ne détonne pas trop, avec ses entretiens avec les Géants que sont feu John Barry, Michel Legrand et Lalo Schifrin, mais aussi Quincy Jones et un compositeur nettement plus obscur, l’allemand Peter Thomas.
Ceci dit, dès le démarrage, première source d’irritation avec l’intitulé « Âge d’Or (…) 1965-1975 ». En matière de Musique de Films, l’Âge d’Or, c’est les années 40 à 50 ! En 1960, c’est « l’Âge d’Argent » (« Silver Age ») qui commence. Alors, bien sûr, cette dénomination est plus communément admise en anglais qu’en français, mais l’affront ne s’arrête pas là, car selon les commentateurs, qui a précédé leur « Âge d’Or » ? Max Steiner et Elmer Bernstein.
Double boulette, car la carrière de Bernstein démarre réellement en 1955 avec THE MAN WITH THE GOLDEN ARM, un des scores fondateurs du Silver Age et va surtout s’épanouir dans les années 60.Cette bévue est d'ailleurs partiellement rectifiée par la mention de ce titre essentiel.
Ensuite, réduire le véritable Golden Age au seul Steiner, c’est un peu court. Où sont passés Bernard Herrmann, Miklos Rozsa, Erich Korngold, Dimitri Tiomkin, Alfred Newmann, etc… ? On entend ensuite que la particularité du Golden Age décidé par les auteurs est sa forte proportion d’européens. Sauf que c’est aussi notoirement celle de la génération précédente, majoritairement faite d’émigrés européens, ou d’américains de fraiche date, et donc forcément influencée et formée par une culture musicale européenne.
La différence à partir de 1960 est qu’Hollywood a d'avantage recours à des européens qui conservent leur spécificité européenne, qui travaillent parfois même (comme Morricone) sans jamais mettre les pieds à Hollywood.
Une source supplémentaire d’irritation importante, c’est lorsque l'émission aborde (allez savoir pourquoi) le sujet des musiques refusées et remplacées, phénomène qui n’est pas propre à cette période, mais qui c’est peut-être intensifié depuis. Michel Legrand raconte comment sa musique pour ROBIN AND MARIAN de Richard Lester a été refusée pour une autre, « vraiment abominable, horrible ». A cela, les auteurs du documentaire opposent une intervention de John Barry (qui se trouve être l’auteur du désastre dénoncé par Legrand) qui se justifie en expliquant que lorsqu’il reprend un film des mains d’un autre compositeur, il ne cherche pas à savoir ce qui s’est passé. Dont Acte.
Toujours est-il que même si l’anecdote de Legrand comporte sa dose de piment, au niveau humain, laisser paraître de tels propos est indigne des réalisateurs.
Pour information, on notera que Legrand (que j'aime beaucoup en tant qu'artiste) a été remplacé au moins deux fois par Barry, sur ROBIN… et sur THE APOINTMENT. Et au moins deux autres fois, complètement par John Williams (THE MAN WHO LOVED CAT DANCING) et partiellement par Charles Bernstein (THE HUNTER). Cela explique sans doute la violence de ses propos sur ce sujet.
Quant à John Barry, il a été appelé plusieurs autres fois en remplacement d’un compositeur malheureux, déjà sur le premier James Bond, DR NO (au détriment de Monty Norman), mais aussi sur the SCARLET LETTER, où il a remplacé un record de deux autres refusés, et pas des moindres, Elmer Bernstein et Ennio Morricone.
Presque tous les compositeurs de Musiques de Films ont depuis les années 60 vu leurs compositions refusées au moins une fois.
Le documentaire d’Arte pêche surtout par omission, limitant principalement les compositeurs de leur Âge d’Or à ceux qui ont bien voulu, ou pu, être interviewés. Ainsi, Jerry Goldsmith, Alex North ou Leonard Rosenman (décédés avant 2010) ne sont jamais mentionnés. Ces deux derniers sont souvent crédités ailleurs pour l’apport du Jazz dans la musique de Film, et Rosenman pour l’introduction de la musique sérielle, deux étapes majeures pour briser les codes du véritable Golden Age. Morricone est lui par contre souvent mentionné –à raison – et son absence physique à l'émission est compensée par l’intervention d’une troupe qui joue ses musiques sur scènes. Pourquoi pas.
Et enfin, j’ai trouvé les « jeunes » intervenants de l’émission, le duo de Air, ainsi que David Holmes et Mike Patton, un tantinet prétentieux. Un des membres de Air se hasarde par exemple à supposer que Morricone a composé plus de 200 Musiques de Films pour des seules raisons alimentaires, alors qu'il est pour moi évident qu'il a souvent mis ses tripes dans ses compositions pour le cinéma.
De toutes façons, ce commentaire de Air m'apparait comme particulièrement méprisant envers un des artistes majeurs du 20ème siècle.
.
J’ai eu l’occasion de revoir une émission diffusée en 2010 par Arte : « L’Âge d’Or de la Musique de Films. 1965-1975. » de Thierry Jousse et Nicolas Saada. Lors de sa première diffusion, elle m’avait apporté une satisfaction instantanée, pour la reconnaissance d'une de mes passions chéries par un média reconnu et respecté.
Ce n’est d’ailleurs pas une première de la part d’Arte, qui a déjà diffusé de très bonnes émissions consacrées à la musique hollywoodienne, à Herrmann, à Morricone, Korngold et celle-ci ne détonne pas trop, avec ses entretiens avec les Géants que sont feu John Barry, Michel Legrand et Lalo Schifrin, mais aussi Quincy Jones et un compositeur nettement plus obscur, l’allemand Peter Thomas.
Ceci dit, dès le démarrage, première source d’irritation avec l’intitulé « Âge d’Or (…) 1965-1975 ». En matière de Musique de Films, l’Âge d’Or, c’est les années 40 à 50 ! En 1960, c’est « l’Âge d’Argent » (« Silver Age ») qui commence. Alors, bien sûr, cette dénomination est plus communément admise en anglais qu’en français, mais l’affront ne s’arrête pas là, car selon les commentateurs, qui a précédé leur « Âge d’Or » ? Max Steiner et Elmer Bernstein.
Double boulette, car la carrière de Bernstein démarre réellement en 1955 avec THE MAN WITH THE GOLDEN ARM, un des scores fondateurs du Silver Age et va surtout s’épanouir dans les années 60.Cette bévue est d'ailleurs partiellement rectifiée par la mention de ce titre essentiel.
Ensuite, réduire le véritable Golden Age au seul Steiner, c’est un peu court. Où sont passés Bernard Herrmann, Miklos Rozsa, Erich Korngold, Dimitri Tiomkin, Alfred Newmann, etc… ? On entend ensuite que la particularité du Golden Age décidé par les auteurs est sa forte proportion d’européens. Sauf que c’est aussi notoirement celle de la génération précédente, majoritairement faite d’émigrés européens, ou d’américains de fraiche date, et donc forcément influencée et formée par une culture musicale européenne.
La différence à partir de 1960 est qu’Hollywood a d'avantage recours à des européens qui conservent leur spécificité européenne, qui travaillent parfois même (comme Morricone) sans jamais mettre les pieds à Hollywood.
Une source supplémentaire d’irritation importante, c’est lorsque l'émission aborde (allez savoir pourquoi) le sujet des musiques refusées et remplacées, phénomène qui n’est pas propre à cette période, mais qui c’est peut-être intensifié depuis. Michel Legrand raconte comment sa musique pour ROBIN AND MARIAN de Richard Lester a été refusée pour une autre, « vraiment abominable, horrible ». A cela, les auteurs du documentaire opposent une intervention de John Barry (qui se trouve être l’auteur du désastre dénoncé par Legrand) qui se justifie en expliquant que lorsqu’il reprend un film des mains d’un autre compositeur, il ne cherche pas à savoir ce qui s’est passé. Dont Acte.
Toujours est-il que même si l’anecdote de Legrand comporte sa dose de piment, au niveau humain, laisser paraître de tels propos est indigne des réalisateurs.
Pour information, on notera que Legrand (que j'aime beaucoup en tant qu'artiste) a été remplacé au moins deux fois par Barry, sur ROBIN… et sur THE APOINTMENT. Et au moins deux autres fois, complètement par John Williams (THE MAN WHO LOVED CAT DANCING) et partiellement par Charles Bernstein (THE HUNTER). Cela explique sans doute la violence de ses propos sur ce sujet.
Quant à John Barry, il a été appelé plusieurs autres fois en remplacement d’un compositeur malheureux, déjà sur le premier James Bond, DR NO (au détriment de Monty Norman), mais aussi sur the SCARLET LETTER, où il a remplacé un record de deux autres refusés, et pas des moindres, Elmer Bernstein et Ennio Morricone.
Presque tous les compositeurs de Musiques de Films ont depuis les années 60 vu leurs compositions refusées au moins une fois.
Le documentaire d’Arte pêche surtout par omission, limitant principalement les compositeurs de leur Âge d’Or à ceux qui ont bien voulu, ou pu, être interviewés. Ainsi, Jerry Goldsmith, Alex North ou Leonard Rosenman (décédés avant 2010) ne sont jamais mentionnés. Ces deux derniers sont souvent crédités ailleurs pour l’apport du Jazz dans la musique de Film, et Rosenman pour l’introduction de la musique sérielle, deux étapes majeures pour briser les codes du véritable Golden Age. Morricone est lui par contre souvent mentionné –à raison – et son absence physique à l'émission est compensée par l’intervention d’une troupe qui joue ses musiques sur scènes. Pourquoi pas.
Et enfin, j’ai trouvé les « jeunes » intervenants de l’émission, le duo de Air, ainsi que David Holmes et Mike Patton, un tantinet prétentieux. Un des membres de Air se hasarde par exemple à supposer que Morricone a composé plus de 200 Musiques de Films pour des seules raisons alimentaires, alors qu'il est pour moi évident qu'il a souvent mis ses tripes dans ses compositions pour le cinéma.
De toutes façons, ce commentaire de Air m'apparait comme particulièrement méprisant envers un des artistes majeurs du 20ème siècle.
.
mardi 1 mars 2011
Ma Vie d'Apocalypse Rêvée.
.
Etant libraire de profession, j’ai été dans un premier temps un avide lecteur.
Lorsque j’étais adolescent, je dévorais au moins un livre par semaine, et pendant certaines périodes jusqu’à deux ou trois, et principalement des romans de science-fiction ou de fantastique.
A la fin de ma scolarité, mon rythme s’est sensiblement ralenti, jusqu’à stagner à 5 ou 6 romans par année pendant une décennie.
Puis, dans les années 90, je me suis rendu compte que 3 livres dans l’année, c’était devenu une moyenne honorable, et j’avais de plus en plus de mal à m’intéresser à la fiction dans son ensemble. J’ai essayé le polar, le roman réaliste, les grands classiques : rien ne retenait mon attention de lecteur. Rien, sauf les biographies en fait, sur des acteurs, des metteurs en scène, des compositeurs et des peintres parfois.
Au début 2010, alors que mon palmarès de lecture est tombé à un ou deux livres par an, parmi lesquels aucune œuvre de fiction depuis cinq ans, on m’a mis dans les mains un roman dont le titre et l’adaptation cinématographique, jamais vue jusque là, m’avaient fait fantasmer dans ma jeunesse : ON THE BEACH de Neville Shute.
Le récit raconte les derniers mois d’existence d’une communauté du sud de l’Australie, qui se prépare inexorablement à l’arrivée du nuage atomique provoqué par une guerre totale dans l’hémisphère nord.
La population vit d’abord dans l’insouciance du dénigrement puis, au fur et à mesure que les contacts se perdent avec les nations du Monde, la Réalité funeste s’installe : ils vont mourir, comme les autres.
Ce court roman m’a véritablement traumatisé, surtout par l’aspect défaitiste et passif des personnages: dans leur 5 à 6 mois de vie préservée, ils n'envisagent jamais d'aménager des abris, de faire des stocks de nourritures et de matériel pour survivre à l'"hiver nucléaire".
Une fois la lecture terminée, j’ai continué à y penser tous les jours, à élaborer mon propre projet post-apocalyptique : un abri pourrait accueillir une population limitée; il faudrait prévoir une sélection très large d’animaux, du bétail et de la volaille, mais aussi tout un échantillonnage de vie sauvage. Il faudrait l’aménager avec une source d’eau sous-terraine autonome, prévoir des générateurs électriques, installer des capteurs solaires (inexistants à l'époque du roman, mais je n’hésitai pas à réactualiser le concept). Je songeais aussi à tous les produits de notre civilisation moderne qu’il faudrait stocker, comme le papier de toilette ! J’eus une vision de hangars remplis de rouleaux de papier hygiénique !
Deux mois après la fin de ma lecture, cette préoccupation d’Apocalypse, nourrie en plus par la vision de l’adaptation cinématographique visionnée dans cette période, commença a être un peu lourde à porter. J’essayai de m’occuper l’esprit avec des lectures nouvelles, mais ne réussis pas à me fixer sur un titre précis.
Mon obsession se calma petit-à-petit jusqu’à ce que je découvre un récit de survivalisme d’un type différent : LIVING WITH THE ENEMY de Roy McLoughlin, ou la vie des habitants des Iles Anglo-Normandes sous l’occupation allemande en 39-45.
Plus tard, j’ai dévoré (et avec une rapidité inconnue pour moi depuis des décennies) FORTRESS MALTA : An Island Under Siege 1940-1943 de James Holland qui raconte l’épreuve de Malte pendant la 2ème Guerre Mondiale sur près de 500 pages, encore un sujet voisin.
Je mentionne en passant que cette lecture a provoqué un bref fantasme : je proposais mes services comme pilote de chasse novice mais…. incroyablement doué !
La découverte récente de THE WALKING DEAD une saga en BD qui compte aujourd’hui 13 volumes de 130 pages chacun, a ravivé le fantasme survivaliste de plus belle!
La Terre est envahie par les zombies et un groupe d’humains non infectés tentent de survivre tant bien que mal, et plutôt mal jusqu’ici. Je viens de terminer le 10ème volume.
Alors, bien sûr, je pourrais faire une pause et passer à autre chose, mais quoi ?
Plusieurs fois par semaine, je parcours les étals de bouquinistes sur le chemin de mon travail sans arriver à me laisser accrocher par un titre précis. Je me rends de temps à autres dans une librairie voisine de la mienne, mais n’y trouve jamais rien.
Il m’arrive de faire des recherches par thème ou par auteur sur Amazon, toujours sans résultat.
Il est pourtant urgent que je me débarrasse de mon fantasme nihiliste.
10 rouleaux de papier hygiénique par mois, 120 par années, sur 30 ans : 3600 rouleaux au moins !
Une trentaine de Jeans, une centaine de paires de chaussettes, autant de caleçons, une cinquantaine de tubes de dentifrice, des dizaines de savonnettes, des…
.
Etant libraire de profession, j’ai été dans un premier temps un avide lecteur.
Lorsque j’étais adolescent, je dévorais au moins un livre par semaine, et pendant certaines périodes jusqu’à deux ou trois, et principalement des romans de science-fiction ou de fantastique.
A la fin de ma scolarité, mon rythme s’est sensiblement ralenti, jusqu’à stagner à 5 ou 6 romans par année pendant une décennie.
Puis, dans les années 90, je me suis rendu compte que 3 livres dans l’année, c’était devenu une moyenne honorable, et j’avais de plus en plus de mal à m’intéresser à la fiction dans son ensemble. J’ai essayé le polar, le roman réaliste, les grands classiques : rien ne retenait mon attention de lecteur. Rien, sauf les biographies en fait, sur des acteurs, des metteurs en scène, des compositeurs et des peintres parfois.
Au début 2010, alors que mon palmarès de lecture est tombé à un ou deux livres par an, parmi lesquels aucune œuvre de fiction depuis cinq ans, on m’a mis dans les mains un roman dont le titre et l’adaptation cinématographique, jamais vue jusque là, m’avaient fait fantasmer dans ma jeunesse : ON THE BEACH de Neville Shute.
Le récit raconte les derniers mois d’existence d’une communauté du sud de l’Australie, qui se prépare inexorablement à l’arrivée du nuage atomique provoqué par une guerre totale dans l’hémisphère nord.
La population vit d’abord dans l’insouciance du dénigrement puis, au fur et à mesure que les contacts se perdent avec les nations du Monde, la Réalité funeste s’installe : ils vont mourir, comme les autres.
Ce court roman m’a véritablement traumatisé, surtout par l’aspect défaitiste et passif des personnages: dans leur 5 à 6 mois de vie préservée, ils n'envisagent jamais d'aménager des abris, de faire des stocks de nourritures et de matériel pour survivre à l'"hiver nucléaire".
Une fois la lecture terminée, j’ai continué à y penser tous les jours, à élaborer mon propre projet post-apocalyptique : un abri pourrait accueillir une population limitée; il faudrait prévoir une sélection très large d’animaux, du bétail et de la volaille, mais aussi tout un échantillonnage de vie sauvage. Il faudrait l’aménager avec une source d’eau sous-terraine autonome, prévoir des générateurs électriques, installer des capteurs solaires (inexistants à l'époque du roman, mais je n’hésitai pas à réactualiser le concept). Je songeais aussi à tous les produits de notre civilisation moderne qu’il faudrait stocker, comme le papier de toilette ! J’eus une vision de hangars remplis de rouleaux de papier hygiénique !
Deux mois après la fin de ma lecture, cette préoccupation d’Apocalypse, nourrie en plus par la vision de l’adaptation cinématographique visionnée dans cette période, commença a être un peu lourde à porter. J’essayai de m’occuper l’esprit avec des lectures nouvelles, mais ne réussis pas à me fixer sur un titre précis.
Mon obsession se calma petit-à-petit jusqu’à ce que je découvre un récit de survivalisme d’un type différent : LIVING WITH THE ENEMY de Roy McLoughlin, ou la vie des habitants des Iles Anglo-Normandes sous l’occupation allemande en 39-45.
Plus tard, j’ai dévoré (et avec une rapidité inconnue pour moi depuis des décennies) FORTRESS MALTA : An Island Under Siege 1940-1943 de James Holland qui raconte l’épreuve de Malte pendant la 2ème Guerre Mondiale sur près de 500 pages, encore un sujet voisin.
Je mentionne en passant que cette lecture a provoqué un bref fantasme : je proposais mes services comme pilote de chasse novice mais…. incroyablement doué !
La découverte récente de THE WALKING DEAD une saga en BD qui compte aujourd’hui 13 volumes de 130 pages chacun, a ravivé le fantasme survivaliste de plus belle!
La Terre est envahie par les zombies et un groupe d’humains non infectés tentent de survivre tant bien que mal, et plutôt mal jusqu’ici. Je viens de terminer le 10ème volume.
Alors, bien sûr, je pourrais faire une pause et passer à autre chose, mais quoi ?
Plusieurs fois par semaine, je parcours les étals de bouquinistes sur le chemin de mon travail sans arriver à me laisser accrocher par un titre précis. Je me rends de temps à autres dans une librairie voisine de la mienne, mais n’y trouve jamais rien.
Il m’arrive de faire des recherches par thème ou par auteur sur Amazon, toujours sans résultat.
Il est pourtant urgent que je me débarrasse de mon fantasme nihiliste.
10 rouleaux de papier hygiénique par mois, 120 par années, sur 30 ans : 3600 rouleaux au moins !
Une trentaine de Jeans, une centaine de paires de chaussettes, autant de caleçons, une cinquantaine de tubes de dentifrice, des dizaines de savonnettes, des…
.
mercredi 20 octobre 2010
Comment c'était avant ?
.
« Comment faisait-on avant Internet ? »
Cette question, qui revient souvent dans les discussions entre proches, évoque une deuxième préoccupation, tout aussi essentielle : « Que ne fait-on plus depuis qu’on a internet ? »
Il y a presque trente ans, cette même question m’a été soumise par une amie par rapport à la télévision, dont j’étais alors très friand et qu’elle avait bannie de son existence.
J’avais argué que la télévision permettait de rester connecté au monde et donnait accès à quantité de films et de spectacles et était un moyen tout-à-fait pertinent de se cultiver.
Cette amie m’avait répliqué que chaque minute passée devant la télévision était une minute de vie perdue dans le Réel, le Monde qui nous entoure directement.
Ça m’avait tellement marqué que j’avais très rapidement déconnecté l’antenne de mon poste. J’ai tenu bon pendant presque 10 ans sans télévision. Je suis ainsi passé au travers de la Chute du Mur de Berlin et la 1ère Guerre du Golf et maints autres évènements plus ou moins importants sans accès direct à la télévision.
Je compensais d’ailleurs un peu bêtement ce manque quotidien en me gavant de télévision presque tous les dimanches soirs chez ma mère.
Pour le reste, je dois avouer que je meublais mon temps libre par des séances de cinéma quasi quotidiennes, parfois doublées par des séances vidéo à la maison !
Mais sans doute ai-je aussi un peu plus profité de la vie en général.
Depuis sont arrivés les ordinateurs (à la maison et au travail), et… internet.
Déjà sur l’ordinateur seul j’ai eu de longues périodes où je me perdais dans des jeux, puis j’ai tenté de décrocher en utilisant l’ordinateur pour de la création, graphique dans un premier temps et photographique plus récemment.
Puis j’ai eu une connexion internet au travail d’abord, ce qui a eu pour conséquence que je passais presque toute mes journées devant l’écran et que je poursuivais ses séances après le travail, parfois jusqu’à trois ou quatre heures du matin !
Je surfais bien sûr, mais j’y ai aussi cherché une compagne sur des sites de rencontre (avec succès… à l’époque) et j’ai découvert le « tchat ».
Depuis, j’ai complètement décroché du « tchat », conversations écrites quasi en temps réel, pour glisser vers les forums, conversations écrites, mais en temps différé.
Au final, le résultat est presque toujours le même : j’en sors épuisé, sans en avoir tiré une satisfaction réelle ou durable de l’exercice.
L’ordinateur et internet deviennent alors des gigantesques vortex d’énergie physique et intellectuelle.
Le seul remède réellement efficace à cette addiction pour moi est de me rendre ponctuellement dans un endroit où il n’y a pas internet. Ou en tout cas pas internet à domicile.
C’est alors l’occasion de redécouvrir le plaisir de longues balades, d’ingurgiter des livres à un rythme que je ne connais plus depuis plus d’une décennie.
Par contre, mon très ancien projet de trouver une compagne « pour la vie » et de fonder une famille reste désespérément en panne, de même que celui de développer une création artistique ou littéraire conséquente.
J’aimerais aussi laisser une marque sur le Monde, par exemple en appréhendant un de ses fléaux majeurs et en y apportant une solution pratique.
Le problème par rapport à ce projet-là est que, pendant presque trente ans, j’ai développé une carrière liée au commerce de détail, et donc, lorsque je parle à certaines personnes de mes idées grandioses, la réaction est invariablement : « Mais t’es qui, toi ? »
On peut alors concevoir qu’internet, la télévision, le cinéma et même la lecture sont des moyens de ne pas faire face à ces frustrations majeures, de rester « jusqu’au bout » dans l’évasion.
.
« Comment faisait-on avant Internet ? »
Cette question, qui revient souvent dans les discussions entre proches, évoque une deuxième préoccupation, tout aussi essentielle : « Que ne fait-on plus depuis qu’on a internet ? »
Il y a presque trente ans, cette même question m’a été soumise par une amie par rapport à la télévision, dont j’étais alors très friand et qu’elle avait bannie de son existence.
J’avais argué que la télévision permettait de rester connecté au monde et donnait accès à quantité de films et de spectacles et était un moyen tout-à-fait pertinent de se cultiver.
Cette amie m’avait répliqué que chaque minute passée devant la télévision était une minute de vie perdue dans le Réel, le Monde qui nous entoure directement.
Ça m’avait tellement marqué que j’avais très rapidement déconnecté l’antenne de mon poste. J’ai tenu bon pendant presque 10 ans sans télévision. Je suis ainsi passé au travers de la Chute du Mur de Berlin et la 1ère Guerre du Golf et maints autres évènements plus ou moins importants sans accès direct à la télévision.
Je compensais d’ailleurs un peu bêtement ce manque quotidien en me gavant de télévision presque tous les dimanches soirs chez ma mère.
Pour le reste, je dois avouer que je meublais mon temps libre par des séances de cinéma quasi quotidiennes, parfois doublées par des séances vidéo à la maison !
Mais sans doute ai-je aussi un peu plus profité de la vie en général.
Depuis sont arrivés les ordinateurs (à la maison et au travail), et… internet.
Déjà sur l’ordinateur seul j’ai eu de longues périodes où je me perdais dans des jeux, puis j’ai tenté de décrocher en utilisant l’ordinateur pour de la création, graphique dans un premier temps et photographique plus récemment.
Puis j’ai eu une connexion internet au travail d’abord, ce qui a eu pour conséquence que je passais presque toute mes journées devant l’écran et que je poursuivais ses séances après le travail, parfois jusqu’à trois ou quatre heures du matin !
Je surfais bien sûr, mais j’y ai aussi cherché une compagne sur des sites de rencontre (avec succès… à l’époque) et j’ai découvert le « tchat ».
Depuis, j’ai complètement décroché du « tchat », conversations écrites quasi en temps réel, pour glisser vers les forums, conversations écrites, mais en temps différé.
Au final, le résultat est presque toujours le même : j’en sors épuisé, sans en avoir tiré une satisfaction réelle ou durable de l’exercice.
L’ordinateur et internet deviennent alors des gigantesques vortex d’énergie physique et intellectuelle.
Le seul remède réellement efficace à cette addiction pour moi est de me rendre ponctuellement dans un endroit où il n’y a pas internet. Ou en tout cas pas internet à domicile.
C’est alors l’occasion de redécouvrir le plaisir de longues balades, d’ingurgiter des livres à un rythme que je ne connais plus depuis plus d’une décennie.
Par contre, mon très ancien projet de trouver une compagne « pour la vie » et de fonder une famille reste désespérément en panne, de même que celui de développer une création artistique ou littéraire conséquente.
J’aimerais aussi laisser une marque sur le Monde, par exemple en appréhendant un de ses fléaux majeurs et en y apportant une solution pratique.
Le problème par rapport à ce projet-là est que, pendant presque trente ans, j’ai développé une carrière liée au commerce de détail, et donc, lorsque je parle à certaines personnes de mes idées grandioses, la réaction est invariablement : « Mais t’es qui, toi ? »
On peut alors concevoir qu’internet, la télévision, le cinéma et même la lecture sont des moyens de ne pas faire face à ces frustrations majeures, de rester « jusqu’au bout » dans l’évasion.
.
vendredi 17 septembre 2010
Les Petits Pas.
Dans le chemin qui mène à une amélioration de ma santé, j’ai découvert une technique que j’applique depuis quelques mois: les petits pas.
Pour ceux qui n’auraient pas suivi (lire certains de mes chapitres précédents et se référer au titre même de ce blog), j’ai découvert en 2005 que j’avais développé de l’hydrocéphalie, qui se traduit depuis plusieurs années par des maux de tête, des fatigues, une grande difficulté à effectuer des calculs compliqués, une tendance très prononcée à perdre à la fois des objets et le fil de mes pensées et enfin une sensibilité aigüe au stress, qui provoque immanquablement des états d’abattement et de découragement.
Une bonne manière de combattre cet état qui touche à tous les aspects de ma vie a donc été de le faire au cas par cas, et d’essayer de m’y tenir.
Par exemple, j’ai rapidement établi des « check-lists » pour mes déplacements réguliers. L’un pour mes départs quotidiens, généralement au travail.Y figure mes lunettes, mon agenda, ma clef USB, un agenda bis en fait, mon appareil de photo, qui ne me quitte jamais, mon téléphone portable, des rappels à vérifier l’état des différentes batteries : combien de fois n’ai-je pas subi la panne inopinée de mon téléphone portable justement, de mon I-Pod ou de mon appareil de photo ?
J’y note aussi un rappel de prendre mon médicament du matin et de fermer mes velux* : comme j’habite en attique, un tel oubli peut entrainer une inondation de l’ensemble de mon appartement en cas de fortes pluies.
Au travail, ma check-list de fin de journée se résume pour l’instant à ma clef USB, le seul oubli répété constaté jusqu’ici.
J’en ai un autre pour chaque départ vers la maison secondaire où je me rends une petite dizaine de fois par an, et une autre encore lorsque je la quitte: fermer les volets, l’eau, l’électricité, ne pas y laisser d’aliments périssables (un melon entier il y a encore 2 mois). J’utilise une variante de cette check-list pour mes autres voyages.
Comme je l’ai raconté dans le chapitre précédent, j’ai aussi développé des techniques pour éviter tout épisode de stress, dont une est de m’efforcer de toujours partir à mes rendez-vous avec quelques minutes d’avance. Si par hasard je pense pouvoir caser une dernière activité avant le départ en question, j’évalue calmement cette option, et si elle n’est pas réaliste, alors j’en abandonne le projet.
J’établis de plus des programmes quotidiens auxquels je me tiens le plus possible, mais sans me formaliser lorsque l’un ou l’autre point n’a pas été finalisé le jour où je l’ai inscrit. Il est simplement reporté sur le jour suivant.
Un autre des petits pas mis en route dans mon quotidien concerne des aspirations écologistes que je muris depuis que je suis adolescent.
Au cours des années passées, j’ai ruminé un nombre important de projets écologistes, certains plutôt ambitieux et d’autres… carrément hors de ma portée immédiate.
J’aimerais par exemple alerter les pouvoirs publics sur certains problèmes qui touchent notre planète et proposer les solutions pour y remédier mais, pour l’instant… je n'ai pas encore trouvé comment aborder la chose.
J’ai d’ailleurs créé un forum dans ce sens, http://sauvez-la-planete.niceboard.com/forum.htm. et… il n’a jamais vraiment décollé. Mais au moins, il existe et je vous encourage à y jeter au moins un coup d’œil.
A titre purement personnel, j'ai par contre décidé d’appliquer certains principes écologiques simples, et de m’y tenir.
Par exemple, depuis près de six mois j'ai presque complètement cessé d'utiliser les sacs plastiques jetables des grandes surfaces, leur préférant le sac unique réutilisable. Depuis lors, j’en ai possédé deux en tout et pour tout : j’ai perdu le premier après une semaine ( !) et le deuxième sert toujours.
Il y a un mois à peine, il m’est apparu que l’eau chaude que j’utilisais pour à peu près tout (me laver les mains, me raser, faire la vaisselle…) n’avait aucune utilité, et était très dépensière en énergie.
Et donc, autant que possible, je lui ai substitué l’eau froide. Pas encore pour les douches, mais… pour tout le reste.
Je précise que je n'ai pas encore complètement perdu l'automatisme d'ouvrir d'abord le robinet d'eau chaude, mais ça viendra.
Lorsque je me prépare un thé, je verse à présent d’abord l’eau froide dans ma tasse, et ne fait ainsi chauffer que la quantité exacte dont j’ai besoin.
Voilà, ce sont des entreprises modestes, mais qui ont leur importance.
Un petit pas entraine un autre, puis un autre, et avant qu’on ne s’en rende compte, la Vie sera plus belle!
* "velux" est un terme suisse qui désigne des "lucarnes de toit" (?). Je n'ai pas encore trouvé le terme "international".
jeudi 9 septembre 2010
Retour en Terre Très Connue.
.
Sitôt revenu des îles anglo-normandes, je suis reparti pour une destination qui tient du pèlerinage annuel : Saint-Jean-de-Luz et sa Côte Basque.
En effet, aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours passé là mes vacances d’été.
En 2005, la maison familiale qui me servait de point d’ancrage estival depuis plus de 40 ans a été vendue et je me suis sérieusement posé la question de savoir si je continuerai à venir dans la région dans la mesure où j’avais sans doute passablement épuisé les possibilités de découvertes locales.
Comme cette vente s’est effectuée sur deux ans, j’en ai profité pour tester la pertinence de cette quasi certitude pendant cette période.
J’ai ainsi découvert à mon grand étonnement que par le passé j’avais finalement visité les mêmes sites chaque année, les mêmes quatre ou cinq plages. Ma connaissance de la ville se limitait presque à l’artère commerciale principale et deux-trois autres points névralgiques. Les jours de temps maussades, j’avais eu recours aux mêmes options touristiques : le Musée de la Mer de Biarritz, les Grottes de Sarre et d'Oxocelhaya, très belles au demeurant, et enfin les Ventas, des sentiers de contrebande typiques de la région qui se terminaient invariablement autour d’un verre d’Izarra ou de cidre basque dans une auberge située sur la frontière franco-espagnole.
Une année, j’ai mis fin à ce cycle lorsque j’ai entrepris de découvrir à pieds le quartier directement attenant à la maison, tout un univers de propriétés pittoresques et de rues qui m’étaient totalement inconnues jusque là.
Depuis, je réitère presque chaque année cette ballade élémentaire avec un étonnement toujours renouvelé.
Par la suite, j’ai entrepris de visiter tous les châteaux des environs : le petit Château d’Urtubie à Urrugne, l’impressionnant Château d’Abbadie à Hendaye, le Château d’Arcangues, encore occupé aujourd’hui par la famille du même nom. Il faut ajouter à ces vénérables bâtisses La Villa Arnaga à Cambo, qui a jadis appartenu à Edmond Rostand et qui fut construite dans le plus pur style basque, mais dans des dimensions quasi monumentale, et la Villa Leihorra, un impressionnant exemple d'architecture Art Déco qui domine la commune de Ciboure.
Par contre, en quatre décennies, je n’ai jamais mis les pieds dans la Maison Louis XIV à St Jean-de-Luz ni dans la Maison de l’Infante à Ciboure, deux hauts lieux touristiques.
Cette année, j’ai très vite opté de ne pas me fixer d’impératifs de visites, ni même en fait de me contraindre au moindre pèlerinage « obligatoire ».
J’ai même décidé d’éviter un certains nombres de destinations habituelles : exit Biarritz et Bayonne-Ville, pas plus de visites dans les petits villages de la région, Arcangues et Ainoha parmi les plus typiques, j’ai sciemment ignoré la Pointe de Sainte Barbe avec son point de vue maritime exceptionnel. Et Dieu sait si ce site est pour moi un des plus émouvants de la région !
Côté shopping, je me suis fixé l’ambition de ne pas mettre une seule fois les pieds dans la moindre « grande surface », privilégiant systématiquement les épiceries de quartier.
Je me suis par contre rendu trois fois dans une librairie de livres soldés, et j’ai ressenti un malaise grandissant qui m’a conforté dans la décision d’éviter d’autres « passages du souvenir ». Dans ce cas précis, j’ai conclu que cette échoppe était liée pour moi à une époque où je collectionnais des œuvres d’art et les livres s’y référant, et cette passion m’ayant à présent complètement quittée, je n’y avais plus rien à y faire.
Mon projet personnel le plus important de ce séjour a consisté à éviter tout épisode de stress et d’angoisse. Ça n’a pas toujours été couronné de succès mais j’ai néanmoins décidé d’appliquer certaines habitudes prises pendant cette dizaine de jours lors de mon retour à la vie active.
En bref, ces vacances m’ont conforté dans la certitude qu’il n’est pas indispensable de voyager loin ou dans des lieux exotiques pour s’enrichir les yeux et la tête.
.
St-Jean-de-Luz. Août 2010. L'ancienne propriété familiale.
Sitôt revenu des îles anglo-normandes, je suis reparti pour une destination qui tient du pèlerinage annuel : Saint-Jean-de-Luz et sa Côte Basque.
En effet, aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours passé là mes vacances d’été.
En 2005, la maison familiale qui me servait de point d’ancrage estival depuis plus de 40 ans a été vendue et je me suis sérieusement posé la question de savoir si je continuerai à venir dans la région dans la mesure où j’avais sans doute passablement épuisé les possibilités de découvertes locales.
Comme cette vente s’est effectuée sur deux ans, j’en ai profité pour tester la pertinence de cette quasi certitude pendant cette période.
J’ai ainsi découvert à mon grand étonnement que par le passé j’avais finalement visité les mêmes sites chaque année, les mêmes quatre ou cinq plages. Ma connaissance de la ville se limitait presque à l’artère commerciale principale et deux-trois autres points névralgiques. Les jours de temps maussades, j’avais eu recours aux mêmes options touristiques : le Musée de la Mer de Biarritz, les Grottes de Sarre et d'Oxocelhaya, très belles au demeurant, et enfin les Ventas, des sentiers de contrebande typiques de la région qui se terminaient invariablement autour d’un verre d’Izarra ou de cidre basque dans une auberge située sur la frontière franco-espagnole.
Une année, j’ai mis fin à ce cycle lorsque j’ai entrepris de découvrir à pieds le quartier directement attenant à la maison, tout un univers de propriétés pittoresques et de rues qui m’étaient totalement inconnues jusque là.
Depuis, je réitère presque chaque année cette ballade élémentaire avec un étonnement toujours renouvelé.
Par la suite, j’ai entrepris de visiter tous les châteaux des environs : le petit Château d’Urtubie à Urrugne, l’impressionnant Château d’Abbadie à Hendaye, le Château d’Arcangues, encore occupé aujourd’hui par la famille du même nom. Il faut ajouter à ces vénérables bâtisses La Villa Arnaga à Cambo, qui a jadis appartenu à Edmond Rostand et qui fut construite dans le plus pur style basque, mais dans des dimensions quasi monumentale, et la Villa Leihorra, un impressionnant exemple d'architecture Art Déco qui domine la commune de Ciboure.
Par contre, en quatre décennies, je n’ai jamais mis les pieds dans la Maison Louis XIV à St Jean-de-Luz ni dans la Maison de l’Infante à Ciboure, deux hauts lieux touristiques.
Cette année, j’ai très vite opté de ne pas me fixer d’impératifs de visites, ni même en fait de me contraindre au moindre pèlerinage « obligatoire ».
J’ai même décidé d’éviter un certains nombres de destinations habituelles : exit Biarritz et Bayonne-Ville, pas plus de visites dans les petits villages de la région, Arcangues et Ainoha parmi les plus typiques, j’ai sciemment ignoré la Pointe de Sainte Barbe avec son point de vue maritime exceptionnel. Et Dieu sait si ce site est pour moi un des plus émouvants de la région !
Côté shopping, je me suis fixé l’ambition de ne pas mettre une seule fois les pieds dans la moindre « grande surface », privilégiant systématiquement les épiceries de quartier.
Je me suis par contre rendu trois fois dans une librairie de livres soldés, et j’ai ressenti un malaise grandissant qui m’a conforté dans la décision d’éviter d’autres « passages du souvenir ». Dans ce cas précis, j’ai conclu que cette échoppe était liée pour moi à une époque où je collectionnais des œuvres d’art et les livres s’y référant, et cette passion m’ayant à présent complètement quittée, je n’y avais plus rien à y faire.
Mon projet personnel le plus important de ce séjour a consisté à éviter tout épisode de stress et d’angoisse. Ça n’a pas toujours été couronné de succès mais j’ai néanmoins décidé d’appliquer certaines habitudes prises pendant cette dizaine de jours lors de mon retour à la vie active.
En bref, ces vacances m’ont conforté dans la certitude qu’il n’est pas indispensable de voyager loin ou dans des lieux exotiques pour s’enrichir les yeux et la tête.
.
St-Jean-de-Luz. Août 2010. L'ancienne propriété familiale.
Inscription à :
Articles (Atom)