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Dans son livre MUSICOPHILIA, Oliver Sacks décrit les causes multiples de l’apparition d’hallucinations musicales.
La plus importante semble être liée au vieillissement des sujets atteints, et plus précisément à une réduction importante de l’audition associée à un besoin du cerveau de compenser cette perte par une activité sonore interne. Nombre de ces sujets ont eu auparavant une activité musicale (des compositeurs, des concertistes…) ou ont simplement été de grands amateurs de musique.
Sacks souligne en outre que chez certains patients, les musiques entendues lors de ses hallucinations sont des grandes œuvres souvent écoutées par eux dans leur jeunesse; dans d'autre cas par contre, ce sont des fanfares, des chants populaires, ou même des contines.
L'auteur soupçonne que cette pathologie est en plein essor du fait de l’omniprésence dans notre société de sollicitations musicales, de l’accès toujours facilité à la musique, et enfin du développement des « baladeurs ».
Or, non seulement je sais que mon cerveau se détériore de manière significative mais j’ai la nette impression que c'est le cas aussi de mon audition (voir l’anecdote du 30.03). Du fait de mon goût immodéré pour la musique et de mon usage assez fréquent de « baladeurs » depuis plus de 30 ans, je serais donc un candidat idéal à l’hallucination musicale.
En plus, j'ai déjà été sujet à un équivalent proche de l’hallucination musicale. En effet, depuis plusieurs années, lorsque je suis cloué au lit avec de la fièvre, mon esprit invoque systématiquement un motif musical et le répète inlassablement dans ma tête, jusqu’à ne plus arriver à s’en débarrasser.
Cependant, il ne s’agit pas d’hallucinations, car je n’ai aucun doute que ces fragments de musique sont le produit de mon esprit. A aucun moment, je n'ai la sensation qu'il sont émis par une source extérieure.
Par contre je pense que mon cerveau, face à un inconfort et une détresse importante, a recours à un souvenir musical agréable ou familier et m’en inonde l’esprit de manière chaotique, dans l’espoir de m’apporter du réconfort. Une explication similaire est formulée par Sacks comme un déclencheur possible des crises d'hallucinations.
J’ai d’ailleurs tenté, lors des derniers accès de fièvres et de nausées, de substituer à ce souvenir musical obsédant celui visuel d’un lieu paisible, et ça a marché.
Mais voilà : peut-être un jour cela se manifestera-t-il avec plus de force et je ne saurai pas m’en débarrasser aussi facilement.
J’espère au moins que la musique qui me monopolisera alors sera au moins PSYCHO de Bernard Herrmann. Ou SEA HAWK de Erich Korngold. Ou encore FURY de John Williams.
Et non "La Danse des Canards".
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Genève. Décembre 2007.
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mercredi 31 mars 2010
mardi 30 mars 2010
HALLUCINATIONS AUDITIVES 1
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Depuis quelques semaines, je lis (très lentement) MUSICOPHILIA de Oliver Sachs, un ouvrage consacré à des pathologies liées à la musique. Un des chapitres concerne les hallucinations musicales.
Et je dois avouer que je suis assez inquiet que je puisse un jour en être victime.
Celles-ci sont définies par Sachs comme des manifestations musicales spontanées et persistantes que seule la victime des hallucinations entend. Il précise que certaines victimes les entendent pendant des longues périodes, parfois en permanence et parfois encore seulement quand ces personnes sont seules, n’ont pas d’activités particulières au moment des crises et… n’écoutent pas une musique extérieure.
C’est sans doute sans rapport directe, mais depuis plusieurs jours, j’entends un sifflement continu quand je suis chez moi.
Ce soir, en arrivant, ce sifflement était vraiment très intense. J’ai d’abord pensé que c’était mon frigo, mais une inspection de celui-ci n’a pas donné de réponse satisfaisante.
Puis je me suis concentré sur ma télévision très vieille et j’ai vraiment cru avoir trouvé la réponse, car en collant l’oreille contre le poste, le sifflement s’est fait plus fort.
Mais l’appareil était éteint: ça n’avait pas de sens.
Pour être vraiment sûr, je l’ai débranché, et le sifflement a persisté. Ce n’était pas la télévision, et mon inquiétude est montée d’un cran.
Je me suis déplacé dans plusieurs points de la pièce, un grand salon-cuisine, et le sifflement variait selon les endroits.
J’ai retesté le frigo, collant mon oreille contre une de ses parois, et comme avec la télévision, le sifflement était plus intense.
Je me suis ensuite couvert les oreilles: je ne l’entendais plus.
Je n’étais donc pas victime d’une hallucination, car sinon, ça aurait persisté sans aucune variation.
Ou alors mon cerveau a été plus malin que moi, et a compris qu’au moment où je couvrais mes oreilles, il devait cesser d’envoyer ce signal parasite à… mon vrai moi.
Je ne suis pas victime d’une hallucination, mais paranoïaque et sujet au délire. Rien de nouveau: me voilà rassuré.
J’ai obtenu un résultat intéressant en couvrant une oreille, puis l’autre: ça sifflait dans la droite et pas dans la gauche.
J’ai cru que j’avais enfin trouvé une réponse significative à mon trouble lorsque je me suis rendu compte, en restant un moment dans une autre pièce, que je n’entendais plus rien de suspect, mais je suis ensuite retourné dans le salon, et là aussi, le sifflement avait complètement disparu.
(EDIT du 1.4.10)
Par la suite, j'ai constaté que le sifflement persistait, et j'ai à présent la nette impression que celui-ci vient du frigo, mais la qualité de ma perception fait que je n'arrive pas à situer spatialement l'origine du son.
Ça reste très présent et indéfinissable à la fois.
Je vois en tout cas un nouveau frigo dans mon avenir!
(EDIT du 6.03.11)
Rassurez-vous: ça fait depuis fin avril au moins que je n'ai plus entendu ce sifflement. J'ai même fini par trouvé une explication parfaitement rationnelle: c'était... un radiateur.
En effet, le "robinet" d'un radiateur que je sollicite rarement était juste assez ouvert pour émettre ce sifflement continu. Dès le moment où je l'ai resserré d'un cran: plus de sifflement.
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Depuis quelques semaines, je lis (très lentement) MUSICOPHILIA de Oliver Sachs, un ouvrage consacré à des pathologies liées à la musique. Un des chapitres concerne les hallucinations musicales.
Et je dois avouer que je suis assez inquiet que je puisse un jour en être victime.
Celles-ci sont définies par Sachs comme des manifestations musicales spontanées et persistantes que seule la victime des hallucinations entend. Il précise que certaines victimes les entendent pendant des longues périodes, parfois en permanence et parfois encore seulement quand ces personnes sont seules, n’ont pas d’activités particulières au moment des crises et… n’écoutent pas une musique extérieure.
C’est sans doute sans rapport directe, mais depuis plusieurs jours, j’entends un sifflement continu quand je suis chez moi.
Ce soir, en arrivant, ce sifflement était vraiment très intense. J’ai d’abord pensé que c’était mon frigo, mais une inspection de celui-ci n’a pas donné de réponse satisfaisante.
Puis je me suis concentré sur ma télévision très vieille et j’ai vraiment cru avoir trouvé la réponse, car en collant l’oreille contre le poste, le sifflement s’est fait plus fort.
Mais l’appareil était éteint: ça n’avait pas de sens.
Pour être vraiment sûr, je l’ai débranché, et le sifflement a persisté. Ce n’était pas la télévision, et mon inquiétude est montée d’un cran.
Je me suis déplacé dans plusieurs points de la pièce, un grand salon-cuisine, et le sifflement variait selon les endroits.
J’ai retesté le frigo, collant mon oreille contre une de ses parois, et comme avec la télévision, le sifflement était plus intense.
Je me suis ensuite couvert les oreilles: je ne l’entendais plus.
Je n’étais donc pas victime d’une hallucination, car sinon, ça aurait persisté sans aucune variation.
Ou alors mon cerveau a été plus malin que moi, et a compris qu’au moment où je couvrais mes oreilles, il devait cesser d’envoyer ce signal parasite à… mon vrai moi.
Je ne suis pas victime d’une hallucination, mais paranoïaque et sujet au délire. Rien de nouveau: me voilà rassuré.
J’ai obtenu un résultat intéressant en couvrant une oreille, puis l’autre: ça sifflait dans la droite et pas dans la gauche.
J’ai cru que j’avais enfin trouvé une réponse significative à mon trouble lorsque je me suis rendu compte, en restant un moment dans une autre pièce, que je n’entendais plus rien de suspect, mais je suis ensuite retourné dans le salon, et là aussi, le sifflement avait complètement disparu.
(EDIT du 1.4.10)
Par la suite, j'ai constaté que le sifflement persistait, et j'ai à présent la nette impression que celui-ci vient du frigo, mais la qualité de ma perception fait que je n'arrive pas à situer spatialement l'origine du son.
Ça reste très présent et indéfinissable à la fois.
Je vois en tout cas un nouveau frigo dans mon avenir!
(EDIT du 6.03.11)
Rassurez-vous: ça fait depuis fin avril au moins que je n'ai plus entendu ce sifflement. J'ai même fini par trouvé une explication parfaitement rationnelle: c'était... un radiateur.
En effet, le "robinet" d'un radiateur que je sollicite rarement était juste assez ouvert pour émettre ce sifflement continu. Dès le moment où je l'ai resserré d'un cran: plus de sifflement.
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