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J’avais déjà visité les Îles anglo-normandes il y a une quinzaine d’années, plus spécifiquement Jersey, Guernesey et Sark, mais je me suis aperçu il y a environ une année que j’en conservais très peu de souvenirs.
Je m’y étais rendu à l’époque avec Sophie, ma compagne du moment et j’y suis retourné cette fois-ci avec Bridget, une amie qui songeait à s’y rendre depuis deux ans.
Mes seuls souvenirs marquants tenaient dans ma visite du Zoo de Gerald Durrell sur Jersey, l’arrivée sur le port de Guernesey, et Sark et son décor idyllique.
Du Zoo, je me souvenais qu’il était structuré comme un jardin anglais vallonné, avec beaucoup de gazon et certains enclos très ouverts. A l’époque, j’avais été très marqué par un contact direct avec un maki, animal que je découvrais pour la première fois en vrai. Celui-ci m’avait pris le doigt à travers une cage, et m’avait regardé de ces grands yeux inexpressifs. Pas une seconde je n’avais eu peur, ni de l’animal, ni de me faire réprimander par le personnel, malgré un panneau demandant aux visiteurs de ne pas chercher à toucher les pensionnaires de peur de leur transmettre des maladies.
J’avais aussi réussi à capter l’attention d’un guépard enfermé dans un vaste enclos aux grilles assez basses, et je m’étais amusé à courir à ses côtés, le long de la grille. J’avais eu l’impression que ce guépard avait bien apprécié cette course.
Et cette année, première surprise, l’enclos des makis ne ressemblent en rien à celui que j’avais connu : impossible actuellement d’avoir le moindre contact. En plus, contrairement à des parcs concurrents, très ouverts, leur cage était constituée ici d’une clôture très élevée aux mailles assez serrées. Pour accentuer la déception, il était même presque impossible de les prendre en photos (comme presque tous les autres pensionnaires du zoo) sans faire apparaître l’aspect carcéral du lieu.
Quant au guépard, il avait tout simplement disparu, de même que tout autre félin!
L’aspect général du centre était complètement différent : plus aucune trace du gazon, et l’architecture de l’endroit paraissait à la fois plus moderne et compact par endroits, mais aussi plus riche en végétation luxuriante et exotique.
Globalement cette visite au zoo a été une déception, mais elle m’a aussi frappée car je n’y ai retrouvé aucun souvenir concordant avec ma première venue.
Même chose avec le port de Guernesey. Ce n’est qu’après avoir longuement muri ce souvenir que je suis arrivé à la conclusion que la grande esplanade de béton dont je garde l’image devait être une arrivée de ferry, que nous n’avons pas utilisé lors du présent voyage.
Mystère sans doute résolu.
Sark enfin était mon souvenir le plus marquant de ces îles avec notamment la « Coupée », cette structure artificielle consolidée par des soldats allemands après la 2ème Guerre Mondiale et qui relie Grande Sark et Petite Sark. Elle se dresse toujours, majestueuse.
J’étais de plus convaincu que l’île était très densément couverte de petites maisons, et c’est aujourd’hui encore très loin d’être le cas. Nous y avons en fait surtout traversé des zones sauvages ou semi-sauvages: champs et prés dépourvus de toutes constructions.
Je me réjouissais de passer sous le très long tunnel qui permettait d’accéder au « village » depuis le pont d’amarrage du port et… il n’a jamais existé ! La réalité tient dans un tunnel d’une dizaine de mètres à peine, et le reste de la montée se fait le long d’une route à ciel ouvert, tout à fait traditionnelle.
Quant au village, il m’avait frappé à l’époque car il ne comportait aucun magasin d’alimentation traditionnel. Tout juste peut-être un modeste dépanneur et un unique magasin de souvenir et, me semblait-il, un bistrot d’aspect très modeste.
Or, cette fois-ci, quinze ans après tout de même, l’île compte au moins trois épiceries très bien fournies, une poste qui fait en plus office de magasin d’informatique, de papèterie et sauf erreur, de magasin de pêche.
Quant aux hôtels et aux bistrots, ils étaient trop nombreux pour que je les répertorie !
Globalement, c’était comme si je redécouvrais cette île – et les autres- pour la première fois.
Par contre, le présent séjour a été l’occasion de visiter des sites que je ne connaissais assurément pas du tout, comme la charmante île de Herm, la plus modeste des quatre citées ici.
Son seul village, minuscule, tient en un hôtel entouré de quelques maisons et agrémenté de quelques boutiques de souvenirs et d’articles de plages. Une ballade permet de faire le tour de l’île en deux heures environ, avec ses plages et ses criques.
L’île possède ce qui est probablement la plus petite prison au monde, un minuscule bâtiment qui permet d’enfermer un seul prisonnier dans une cellule unique de moins de 2 mètres de diamètre sur 2 mètres de haut.
Sinon, j’ai été frappé sur l'ensemble des îles par la présence importante de plantes exotiques que je ne connaissais pas.
J’ai aussi été surpris de découvrir que Jersey possédait un vignoble qui produit un vin très léger, « Maison La Mare ». De plus, ce producteur confectionne une large sélection de confitures et de gelées aux arômes originaux et délicieux.
Ah, les confitures ! Un de ces jours, il me faudra y consacrer un chapitre séparé !
La plus fameuse des confitures de « La Mare » est la « Jersey Black Butter », à base de pommes bouillies en cuisson lente (jusqu’à 24 heures, ai-je lu !), additionnées de cidre, de « Apple Brandy », de cannelle et de réglisse.
Cette mixture mérite à elle seule le voyage vers ses îles.
Jogging dans les rochers de Sark.
mardi 24 août 2010
vendredi 20 août 2010
Photomanie 3
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Au-delà des avantages purement techniques du matériel, le support digital a surtout été pour moi l’occasion de développer, et dans certains cas de me découvrir, des véritables manies photographiques.
Dans les tous premiers mois d’utilisation de mon premier appareil digital, j’ai une fois pris un cliché accidentel où apparut plus tard sur mon écran un arbre que je ne reconnaissais pas du tout : sa texture était étrange, et les couleurs étaient légèrement faussées.
Je m’empressai alors d’accentuer cette texture et les tons grâce un logiciel basique pour obtenir un résultat plus franchement décalé.
Je réussis assez vite à comprendre comment j’avais obtenu l’effet initial, et essayai de le reproduire. Un peu plus tard, je compris enfin qu’il me suffisait de bouger l’appareil au moment du déclenchement en réglant volontairement l’appareil pour une luminosité inadéquate. Autrement dit, je réglai l’appareil sur « plein soleil » alors que je prenais mes photos en luminosité réduite ou même de nuit avec des éclairages ambiants artificiels, tout cela sans flash, bien sûr. J’évite de recourir à ce dernier.
Ce petit jeu a monopolisé un grand nombre de mes prises de vue de paysages urbains pendant des mois, jusqu’au jour où j’ai découvert que je pouvais similairement l’appliquer à des portraits…. Ce qui m’a excité quelques mois de plus.
Mon attention s’est ensuite reporté sur la recherche de textures plus ou moins inédites, souvent d’ailleurs (mais pas toujours) en ayant recours à la même technique de l’appareil secoué/bougé.
Sols de pierre, surfaces aquatiques, végétales, boiseries diverses.
Et j’en vins tout naturellement à me focaliser sur les reflets. Et hop ! Des reflets partout !
Dans les vitres, les miroirs mais aussi l’eau, les carrosseries…
A travers ces différentes manies, il m’est apparu à la longue que l’être humain, mes amis, mes parents ou même des inconnus, tenaient une place mineure dans mes préoccupations artistiques, et que, très souvent, mes sujets favoris tendaient vers l’introspection et la fuite. Car, comment définir autrement mon intérêt prononcé pour des détails d’objets, des formes quasi abstraites, et surtout pour des mondes parallèles, reproduits et déformés par des vitres démultipliées, des morceaux de métal tordu ou des surfaces liquides plus ou moins troublées ?
J’interprète de plus ces voyages dans la matière comme des équivalents à des voyages psychédéliques.
La première partie du « voyage » se produit lorsque je prends la photo.
J’identifie le sujet à photographier, par exemple une voiture dont le phare arrière reflète une maison. J’isole le sujet et prends la photo. De retour chez moi, je pénètre un peu plus dans l’image en resserrant encore le cadre pour ne garder que le reflet dans le phare.
N’apparaissent plus alors que la maison légèrement déformée et des éléments de verre exprimant des textures et des formes diverses.
Depuis des années, je caresse le projet d’engager des modèles et de les photographier en studio ou dans des décors intimes, en portraits ou en nus.
En 2004, j’ai découvert un site internet de photographies de jeunes femmes presque toujours nues, la plupart du temps dans des décors naturels : jardins, plages, montagnes, cours d’eau.
Ce site a bien sûr une vocation érotique, mais les photographes y développent un talent que je trouve au moins aussi excitant que la beauté dévoilée des modèles, et ces jeunes femmes dégagent des charmes naturels qui me touchent beaucoup.
On entre bien sûr là dans le domaine du fantasme pur, mais j’aimerais beaucoup entamer des projets dans ces directions.
Un de ces jours peut-être.
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Au-delà des avantages purement techniques du matériel, le support digital a surtout été pour moi l’occasion de développer, et dans certains cas de me découvrir, des véritables manies photographiques.
Dans les tous premiers mois d’utilisation de mon premier appareil digital, j’ai une fois pris un cliché accidentel où apparut plus tard sur mon écran un arbre que je ne reconnaissais pas du tout : sa texture était étrange, et les couleurs étaient légèrement faussées.
Je m’empressai alors d’accentuer cette texture et les tons grâce un logiciel basique pour obtenir un résultat plus franchement décalé.
Je réussis assez vite à comprendre comment j’avais obtenu l’effet initial, et essayai de le reproduire. Un peu plus tard, je compris enfin qu’il me suffisait de bouger l’appareil au moment du déclenchement en réglant volontairement l’appareil pour une luminosité inadéquate. Autrement dit, je réglai l’appareil sur « plein soleil » alors que je prenais mes photos en luminosité réduite ou même de nuit avec des éclairages ambiants artificiels, tout cela sans flash, bien sûr. J’évite de recourir à ce dernier.
Ce petit jeu a monopolisé un grand nombre de mes prises de vue de paysages urbains pendant des mois, jusqu’au jour où j’ai découvert que je pouvais similairement l’appliquer à des portraits…. Ce qui m’a excité quelques mois de plus.
Mon attention s’est ensuite reporté sur la recherche de textures plus ou moins inédites, souvent d’ailleurs (mais pas toujours) en ayant recours à la même technique de l’appareil secoué/bougé.
Sols de pierre, surfaces aquatiques, végétales, boiseries diverses.
Et j’en vins tout naturellement à me focaliser sur les reflets. Et hop ! Des reflets partout !
Dans les vitres, les miroirs mais aussi l’eau, les carrosseries…
A travers ces différentes manies, il m’est apparu à la longue que l’être humain, mes amis, mes parents ou même des inconnus, tenaient une place mineure dans mes préoccupations artistiques, et que, très souvent, mes sujets favoris tendaient vers l’introspection et la fuite. Car, comment définir autrement mon intérêt prononcé pour des détails d’objets, des formes quasi abstraites, et surtout pour des mondes parallèles, reproduits et déformés par des vitres démultipliées, des morceaux de métal tordu ou des surfaces liquides plus ou moins troublées ?
J’interprète de plus ces voyages dans la matière comme des équivalents à des voyages psychédéliques.
La première partie du « voyage » se produit lorsque je prends la photo.
J’identifie le sujet à photographier, par exemple une voiture dont le phare arrière reflète une maison. J’isole le sujet et prends la photo. De retour chez moi, je pénètre un peu plus dans l’image en resserrant encore le cadre pour ne garder que le reflet dans le phare.
N’apparaissent plus alors que la maison légèrement déformée et des éléments de verre exprimant des textures et des formes diverses.
Depuis des années, je caresse le projet d’engager des modèles et de les photographier en studio ou dans des décors intimes, en portraits ou en nus.
En 2004, j’ai découvert un site internet de photographies de jeunes femmes presque toujours nues, la plupart du temps dans des décors naturels : jardins, plages, montagnes, cours d’eau.
Ce site a bien sûr une vocation érotique, mais les photographes y développent un talent que je trouve au moins aussi excitant que la beauté dévoilée des modèles, et ces jeunes femmes dégagent des charmes naturels qui me touchent beaucoup.
On entre bien sûr là dans le domaine du fantasme pur, mais j’aimerais beaucoup entamer des projets dans ces directions.
Un de ces jours peut-être.
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mardi 10 août 2010
Photomanie 2
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« Clic clac ! »
C’est le bruit que faisaient traditionnellement les anciens appareils photo analogiques.
Que font à présent les appareils digitaux ?
Vérification faite, le mien fait plutôt « snikt ! ».
Et donc je fais « snikt, snikt, snikt ! » souvent des dizaines de fois par jour, parfois des centaines.
Car la première merveille de l’Ere Digitale, c’est de ne pas être limité dans le nombre de photos prises, ou alors uniquement par la durée de vie de la batterie ou la capacité de la carte mémoire chargée. Et dans mon cas, c’est environ 150 photos par charge de batterie, ce qui est tout-à-fait suffisant pour une session photographique même intense.
Cette liberté d’action me permet à l’occasion de « mitrailler » un sujet unique difficile, et ensuite de faire le tri entre les images complètement ratées et celles qui ont du potentiel.
Autrefois, j’aurais été fatalement limité par les pellicules à 36 «pauses » (c’est par ce terme que l’on départageait communément les différents films). Imaginez que j’aie photographié un sujet une trentaine de fois. Que faire de la fin du film ? Le terminer ou changer préventivement de pellicule au risque de manquer l’occasion idéale ?
Un autre avantage majeur du numérique sur l’argentique réside dans le traitement de l’image après sa capture.
J’ai déjà décris ma frustration de ne pas avoir su développer et tirer mes photos argentiques moi-même.
A présent, non seulement j’obtiens des résultats souvent proches de l’effet rêvé, mais en plus j’ai le plaisir de manipuler moi-même les outils pour arriver au résultat final, de décider au millimètre près du cadrage, de travailler le contraste ou la tonalité de l’image avec des variations multiples.
Août 2010. Jersey. Un exemple de sélection après "mitraillage".
« Clic clac ! »
C’est le bruit que faisaient traditionnellement les anciens appareils photo analogiques.
Que font à présent les appareils digitaux ?
Vérification faite, le mien fait plutôt « snikt ! ».
Et donc je fais « snikt, snikt, snikt ! » souvent des dizaines de fois par jour, parfois des centaines.
Car la première merveille de l’Ere Digitale, c’est de ne pas être limité dans le nombre de photos prises, ou alors uniquement par la durée de vie de la batterie ou la capacité de la carte mémoire chargée. Et dans mon cas, c’est environ 150 photos par charge de batterie, ce qui est tout-à-fait suffisant pour une session photographique même intense.
Cette liberté d’action me permet à l’occasion de « mitrailler » un sujet unique difficile, et ensuite de faire le tri entre les images complètement ratées et celles qui ont du potentiel.
Autrefois, j’aurais été fatalement limité par les pellicules à 36 «pauses » (c’est par ce terme que l’on départageait communément les différents films). Imaginez que j’aie photographié un sujet une trentaine de fois. Que faire de la fin du film ? Le terminer ou changer préventivement de pellicule au risque de manquer l’occasion idéale ?
Un autre avantage majeur du numérique sur l’argentique réside dans le traitement de l’image après sa capture.
J’ai déjà décris ma frustration de ne pas avoir su développer et tirer mes photos argentiques moi-même.
A présent, non seulement j’obtiens des résultats souvent proches de l’effet rêvé, mais en plus j’ai le plaisir de manipuler moi-même les outils pour arriver au résultat final, de décider au millimètre près du cadrage, de travailler le contraste ou la tonalité de l’image avec des variations multiples.
Août 2010. Jersey. Un exemple de sélection après "mitraillage".
samedi 26 juin 2010
Photomanie 1
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Jusqu’à 13 ans, j’ai eu un appareil de photo « Kodak Instamatique » que l’on chargeait grâce à une cartouche en plastique rigide dans laquelle le film était stocké roulé à une extrémité et s’enroulait à l’autre.
J’ai aussi brièvement possédé un appareil offert dans le magazine « Pif Gadget », un ancêtre des « jetables » popularisés une vingtaine d’années plus tard. Le procédé était très ingénieux : on achetait en parallèle du magazine une cartouche de film « Kodak » et on y fixait un système mécanique rudimentaire comprenant une lentille plastique, un déclencheur manuel (l’utilisateur évaluait lui-même la vitesse d’obturation) et un enrouleur. Une fois le film finit, on démontait les pièces de la cartouche et on les remontait sur une autre cartouche.
Les résultats obtenus n’étaient guère spectaculaires mais tout-à-fait acceptables pour un usage purement ludique.
Vers 13 ans, ma mère m’offrit mon premier « réflexe », un « Ricoh » avec lequel j’eus une véritable révélation créatrice. Je conserve encore aujourd’hui de nombreuses photos prises avec.
J’ai envisagé à une époque à apprendre à développer moi-même mes photos mais n’ai jamais franchi le pas. Du coup, je dépendais toujours d’un laboratoire professionnel pour faire le travail. J’avais presqu’exclusivement recours au même, à qui je donnais des instructions assez précises de contrastes et de cadrages, mais j’étais rarement satisfait par le résultat.
J’ai ensuite commencé à utiliser un « Polaroïd », dont le procédé de développement immédiat me fascinait. Pendant plusieurs années, je n’ai presque plus utilisé mon « réflex », d’autant moins depuis que mon labo de prédilection avais alors fermé.
C’est aussi dans cette période que j’ai pris l’habitude d’emporter mon Polaroïd partout ou presque avec moi. Ce n’était guère pratique car c’était un appareil relativement encombrant, mais c’est par ce biais que j’ai développé une tendance à prendre des clichés de mon environnement immédiat.
J’ai dû rapporter une fortune en pellicules à la firme à une époque où ses affaires périclitaient par ailleurs. Imaginez : chaque film de 20 poses coûtait dans les 25 FS !
Et pour ce prix, on n’obtenait que des clichés uniques de petite taille, dont la durée de vie était limitée : 5 ans après, ils se sont presque tous évaporés.
Seuls subsistent ceux que j’ai conservés à l’abri de la lumière.
Je suis entré dans l’ère digitale contre mon gré, et le plus tard possible. J’étais à l’époque convaincu qu’il était impossible de faire des photos artistiquement viables avec ce type de support.
Je ne l’utilisais donc que pour des usages professionnels ou pratiques, et seulement petit-à-petit dans une démarche plus esthétique.
A présent, je n’envisage pas de revenir à l’argentique.
Le digital est devenu mon ami.
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Photos prises le jour où j'ai reçu mon premier appareil reflex, en 73 ou 74.
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Jusqu’à 13 ans, j’ai eu un appareil de photo « Kodak Instamatique » que l’on chargeait grâce à une cartouche en plastique rigide dans laquelle le film était stocké roulé à une extrémité et s’enroulait à l’autre.
J’ai aussi brièvement possédé un appareil offert dans le magazine « Pif Gadget », un ancêtre des « jetables » popularisés une vingtaine d’années plus tard. Le procédé était très ingénieux : on achetait en parallèle du magazine une cartouche de film « Kodak » et on y fixait un système mécanique rudimentaire comprenant une lentille plastique, un déclencheur manuel (l’utilisateur évaluait lui-même la vitesse d’obturation) et un enrouleur. Une fois le film finit, on démontait les pièces de la cartouche et on les remontait sur une autre cartouche.
Les résultats obtenus n’étaient guère spectaculaires mais tout-à-fait acceptables pour un usage purement ludique.
Vers 13 ans, ma mère m’offrit mon premier « réflexe », un « Ricoh » avec lequel j’eus une véritable révélation créatrice. Je conserve encore aujourd’hui de nombreuses photos prises avec.
J’ai envisagé à une époque à apprendre à développer moi-même mes photos mais n’ai jamais franchi le pas. Du coup, je dépendais toujours d’un laboratoire professionnel pour faire le travail. J’avais presqu’exclusivement recours au même, à qui je donnais des instructions assez précises de contrastes et de cadrages, mais j’étais rarement satisfait par le résultat.
J’ai ensuite commencé à utiliser un « Polaroïd », dont le procédé de développement immédiat me fascinait. Pendant plusieurs années, je n’ai presque plus utilisé mon « réflex », d’autant moins depuis que mon labo de prédilection avais alors fermé.
C’est aussi dans cette période que j’ai pris l’habitude d’emporter mon Polaroïd partout ou presque avec moi. Ce n’était guère pratique car c’était un appareil relativement encombrant, mais c’est par ce biais que j’ai développé une tendance à prendre des clichés de mon environnement immédiat.
J’ai dû rapporter une fortune en pellicules à la firme à une époque où ses affaires périclitaient par ailleurs. Imaginez : chaque film de 20 poses coûtait dans les 25 FS !
Et pour ce prix, on n’obtenait que des clichés uniques de petite taille, dont la durée de vie était limitée : 5 ans après, ils se sont presque tous évaporés.
Seuls subsistent ceux que j’ai conservés à l’abri de la lumière.
Je suis entré dans l’ère digitale contre mon gré, et le plus tard possible. J’étais à l’époque convaincu qu’il était impossible de faire des photos artistiquement viables avec ce type de support.
Je ne l’utilisais donc que pour des usages professionnels ou pratiques, et seulement petit-à-petit dans une démarche plus esthétique.
A présent, je n’envisage pas de revenir à l’argentique.
Le digital est devenu mon ami.
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Photos prises le jour où j'ai reçu mon premier appareil reflex, en 73 ou 74.
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dimanche 20 juin 2010
Cinémélomanie.
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« Tu pourrais me trouver une musique de Lalo Schifrin ? »
Une telle question, venant de Louis, l’aîné de mes neveux, m’a pris au dépourvu. Jamais auparavant je ne l’avais vu faire preuve d’un intérêt spontané pour de la musique de films.
Je lui en ai souvent fait écouter, et j’en ai même souvent fait la promotion d’une manière appuyée, je l’avoue, mais c’est bien la première fois qu’il m’en réclamait, et sans aucune provocation préalable de ma part.
Et pour Lalo Schifrin, en plus, compositeur pour lequel j’ai une passion récente toute particulière.
Mon neveu cherchait-il un titre particulier ? Mieux que ça : apparemment, un morceau l’avait particulièrement marqué. Il avait noté le titre quelque part mais était incapable de me le fournir à l’instant. J’en conclus que ça ne pouvait être que le Main Title de « Medical Center », une série TV de 1969 que je lui avais fait écouter quelques semaines auparavant mais n’en dis rien et décidai de lui préparer une petite sélection de mon cru en format MP3 sur une clef USB.
Celle-ci se composa au final de sept CDs comportant les titres les plus connus de Schifrin, tous des années 60 et 70 (« Dirty Harry », « Bullitt », « Mission : Impossible », etc…) et deux trois choses plus obscures de lui mais néanmoins remarquables; j’y rajoutai quelques titres d’autres compositeurs de sensibilité voisine.
Je dois avouer que lorsque j’ai présenté toutes ces musiques à Louis, j’étais nettement plus excité que prévu. Je pensais lui laisser la clef et m’en aller, mais je n’ai pas pu m’empêcher de vanter les mérites de chacun des CDs à l’origine de la sélection.
Mais lorsque je lui ai soumis « Medical Center », il s’est montré… intéressé, mais ce n’était pas le morceau qu’il attendait. « Dirty Harry », peut-être ? Non. « Bullitt » alors? Pas du tout.
Mais alors quoi ?
Il est allé chercher son téléphone portable sur lequel il avait noté un titre : « Prelude to War ».
J’ai tout de suite reconnu le titre du morceau, que je lui avais fait écouter, il y a fort longtemps.
« Prelude to War » apparait dans « Battlestar Galactica » Saison 2. Musique composée par Bear McCreary en 2005.
“Ah oui, c’est ça: Bear McCreary!” s’est exclamé Louis. « Ce n’est pas de Schifrin ? »
Non, ce n’est pas de Schifrin, mais… c’est bien aussi.
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« Tu pourrais me trouver une musique de Lalo Schifrin ? »
Une telle question, venant de Louis, l’aîné de mes neveux, m’a pris au dépourvu. Jamais auparavant je ne l’avais vu faire preuve d’un intérêt spontané pour de la musique de films.
Je lui en ai souvent fait écouter, et j’en ai même souvent fait la promotion d’une manière appuyée, je l’avoue, mais c’est bien la première fois qu’il m’en réclamait, et sans aucune provocation préalable de ma part.
Et pour Lalo Schifrin, en plus, compositeur pour lequel j’ai une passion récente toute particulière.
Mon neveu cherchait-il un titre particulier ? Mieux que ça : apparemment, un morceau l’avait particulièrement marqué. Il avait noté le titre quelque part mais était incapable de me le fournir à l’instant. J’en conclus que ça ne pouvait être que le Main Title de « Medical Center », une série TV de 1969 que je lui avais fait écouter quelques semaines auparavant mais n’en dis rien et décidai de lui préparer une petite sélection de mon cru en format MP3 sur une clef USB.
Celle-ci se composa au final de sept CDs comportant les titres les plus connus de Schifrin, tous des années 60 et 70 (« Dirty Harry », « Bullitt », « Mission : Impossible », etc…) et deux trois choses plus obscures de lui mais néanmoins remarquables; j’y rajoutai quelques titres d’autres compositeurs de sensibilité voisine.
Je dois avouer que lorsque j’ai présenté toutes ces musiques à Louis, j’étais nettement plus excité que prévu. Je pensais lui laisser la clef et m’en aller, mais je n’ai pas pu m’empêcher de vanter les mérites de chacun des CDs à l’origine de la sélection.
Mais lorsque je lui ai soumis « Medical Center », il s’est montré… intéressé, mais ce n’était pas le morceau qu’il attendait. « Dirty Harry », peut-être ? Non. « Bullitt » alors? Pas du tout.
Mais alors quoi ?
Il est allé chercher son téléphone portable sur lequel il avait noté un titre : « Prelude to War ».
J’ai tout de suite reconnu le titre du morceau, que je lui avais fait écouter, il y a fort longtemps.
« Prelude to War » apparait dans « Battlestar Galactica » Saison 2. Musique composée par Bear McCreary en 2005.
“Ah oui, c’est ça: Bear McCreary!” s’est exclamé Louis. « Ce n’est pas de Schifrin ? »
Non, ce n’est pas de Schifrin, mais… c’est bien aussi.
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jeudi 3 juin 2010
Repas Familial.
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Il y a quelques jours, j’ai été dîner chez ma sœur Monique avec ses trois fils: Henri, 12, Charles, 14 ans, et Louis, 16 ans. Son mari est actuellement en voyage d’affaires.
En fin de soirée, elle m’a confié que sa condition de mère lui pesait, et qu’elle commençait notamment à trouver difficile de préparer quotidiennement des repas pour toute la famille.
« Et pourquoi tu ne proposes pas aux garçons de faire le dîner à tour de rôle, une fois par semaine ? »
Elle a soupiré :
« Ils ne voudront jamais.
- Tu en es sûre ? On va vérifier.
Et sans plus attendre, je suis allé retrouver Charles, qui s’entrainait à la guitare dans sa chambre :
« Ca te dirait de préparer à dîner pour toute la famille une fois par semaine ? »
Quelques peu intrigué, il a haussé les épaules :
« Faut voir. Ca serait payé ? »
J’avais anticipé cette question. Il y a deux choses que je sais de Charles : il aime faire la cuisine, et… gagner de l’argent.
« Combien tu demanderais pour préparer à dîner ?
- Juste préparer le repas ?
- Non, faire les courses, mettre les couverts, préparer le dîner, le servir, et ensuite débarrasser la table et faire la vaisselle. »
Il a réfléchi quelques instants, puis il a déclaré :
« Trente Francs. » Il s’est ensuite ravisé, soudain conscient de l’ampleur de la tâche : « Non, Trente cinq.
- Pour trente cinq francs, tu le ferais ? »
Il a acquiescé :
« Maman serait d’accord ?
- On va voir. Je te redis dans cinq minutes. »
Puis je suis allé voir Louis et Henri et je leur ai fait la même proposition, ce à quoi le premier a proposé :
« Trente francs. »
Et le second :
« Moi je le ferai pour vingt-cinq. »
Du coup, le premier s’est ravisé :
« Ok, je le ferai aussi pour vint-cinq. »
Puis il a brièvement réfléchi :
« Non, trente francs. Tu crois que c’est bien, trente francs ?
- Je ne sais pas. On va voir. »
En fait, j’exultais de mon stratagème.
Je suis ensuite retourné voir ma sœur :
« Combien tu serais prêt à payer tes fils pour qu’ils fassent à manger une fois par semaine ?
- Juste à manger ?
- Non, ils feraient les courses, mettraient la table, prépareraient le repas, le serviraient, puis rangeraient et feraient la vaisselle. »
Elle a réfléchi, puis :
« Ca fait pas mal de boulot tout ça. Cinquante francs ? Non, attends, cinquante francs c’est trop…. (une pause, puis : ) trente-six francs ! »
Elle s’est bien arrêtée sur ce nombre, pas un franc de plus ou de moins! L’esprit maternel a des méandres…
Je lui ai ensuite révélé quelles sommes ses fils avaient réclamées et je suis retourné les voir pour leur dire que leurs propositions avaient été acceptées.
Il a ensuite fallu déterminer qui ferait à manger quel soir, puis l’affaire était réglée.
Je suis ensuite rentré chez moi, assez content d’avoir pu apporter une petite pierre à l’organisation de ma proche famille.
Plus tard, cette joie s’est quelque peu dissipée lorsque j’ai pris conscience qu’il y avait très peu de chances que ce projet voie réellement le jour.
Le lendemain, ma sœur aurait probablement tout oublié, et la réalité aurait repris son cours.
Le surlendemain pourtant, j’y ai repensé lorsque j’ai retrouvé Monique pour déjeuner :
« Alors, tes enfants vont te préparer à manger ou pas ? »
Et à ma grande surprise :
« Mais oui, tout-à-fait, demain soir, c’est Charles qui inaugure ! Et Louis et Henri parle déjà de ce qu’ils vont préparer par la suite ! »
Et moi, j’ai la satisfaction d’avoir pu changer le cours du Monde.
Enfin, d’un petit Monde, mais c’est un début, non ?
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Il y a quelques jours, j’ai été dîner chez ma sœur Monique avec ses trois fils: Henri, 12, Charles, 14 ans, et Louis, 16 ans. Son mari est actuellement en voyage d’affaires.
En fin de soirée, elle m’a confié que sa condition de mère lui pesait, et qu’elle commençait notamment à trouver difficile de préparer quotidiennement des repas pour toute la famille.
« Et pourquoi tu ne proposes pas aux garçons de faire le dîner à tour de rôle, une fois par semaine ? »
Elle a soupiré :
« Ils ne voudront jamais.
- Tu en es sûre ? On va vérifier.
Et sans plus attendre, je suis allé retrouver Charles, qui s’entrainait à la guitare dans sa chambre :
« Ca te dirait de préparer à dîner pour toute la famille une fois par semaine ? »
Quelques peu intrigué, il a haussé les épaules :
« Faut voir. Ca serait payé ? »
J’avais anticipé cette question. Il y a deux choses que je sais de Charles : il aime faire la cuisine, et… gagner de l’argent.
« Combien tu demanderais pour préparer à dîner ?
- Juste préparer le repas ?
- Non, faire les courses, mettre les couverts, préparer le dîner, le servir, et ensuite débarrasser la table et faire la vaisselle. »
Il a réfléchi quelques instants, puis il a déclaré :
« Trente Francs. » Il s’est ensuite ravisé, soudain conscient de l’ampleur de la tâche : « Non, Trente cinq.
- Pour trente cinq francs, tu le ferais ? »
Il a acquiescé :
« Maman serait d’accord ?
- On va voir. Je te redis dans cinq minutes. »
Puis je suis allé voir Louis et Henri et je leur ai fait la même proposition, ce à quoi le premier a proposé :
« Trente francs. »
Et le second :
« Moi je le ferai pour vingt-cinq. »
Du coup, le premier s’est ravisé :
« Ok, je le ferai aussi pour vint-cinq. »
Puis il a brièvement réfléchi :
« Non, trente francs. Tu crois que c’est bien, trente francs ?
- Je ne sais pas. On va voir. »
En fait, j’exultais de mon stratagème.
Je suis ensuite retourné voir ma sœur :
« Combien tu serais prêt à payer tes fils pour qu’ils fassent à manger une fois par semaine ?
- Juste à manger ?
- Non, ils feraient les courses, mettraient la table, prépareraient le repas, le serviraient, puis rangeraient et feraient la vaisselle. »
Elle a réfléchi, puis :
« Ca fait pas mal de boulot tout ça. Cinquante francs ? Non, attends, cinquante francs c’est trop…. (une pause, puis : ) trente-six francs ! »
Elle s’est bien arrêtée sur ce nombre, pas un franc de plus ou de moins! L’esprit maternel a des méandres…
Je lui ai ensuite révélé quelles sommes ses fils avaient réclamées et je suis retourné les voir pour leur dire que leurs propositions avaient été acceptées.
Il a ensuite fallu déterminer qui ferait à manger quel soir, puis l’affaire était réglée.
Je suis ensuite rentré chez moi, assez content d’avoir pu apporter une petite pierre à l’organisation de ma proche famille.
Plus tard, cette joie s’est quelque peu dissipée lorsque j’ai pris conscience qu’il y avait très peu de chances que ce projet voie réellement le jour.
Le lendemain, ma sœur aurait probablement tout oublié, et la réalité aurait repris son cours.
Le surlendemain pourtant, j’y ai repensé lorsque j’ai retrouvé Monique pour déjeuner :
« Alors, tes enfants vont te préparer à manger ou pas ? »
Et à ma grande surprise :
« Mais oui, tout-à-fait, demain soir, c’est Charles qui inaugure ! Et Louis et Henri parle déjà de ce qu’ils vont préparer par la suite ! »
Et moi, j’ai la satisfaction d’avoir pu changer le cours du Monde.
Enfin, d’un petit Monde, mais c’est un début, non ?
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dimanche 30 mai 2010
Moral et objet perdus.
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Depuis quelques semaines, mon humeur suit une courbe descendante.
A l’origine de cette dépression se trouve probablement le départ abrupt d’une employée. Celui-ci se préparait déjà depuis un moment : suite à des insatisfactions répétées de ma part, je lui avais donné un ultimatum il y a environ trois mois aux termes duquel si elle ne faisait pas de gros efforts, je me verrais forcé de lui donner son congé, et c’est finalement elle qui a démissionné.
Je me retrouve en conséquence à travailler deux à trois fois plus, à ruminer les raisons de cet échec professionnel et relationnel, incapable pour l’instant d’engager quelqu’un d’autre, et globalement à m’épuiser physiquement et émotionellement.
Hier soir, ce sentiment de dépression a atteint un pic lorsque, de retour à la maison pour une soirée de week-end, je me suis trouvé incapable, comme je l’avais préalablement décidé, de m’atteler à reprendre mon blog, et tout aussi incapable de regarder le film qu’un client m’avait prêté.
En fait, je me suis rendu compte que je n'arrivais pas à avoir la moindre activité ludique.
Je me suis donc finalement résolu à aller faire une balade avant d’aller me coucher relativement tôt.
Comme la soirée semblait assez douce et que je comptais sortir en chemise et en bermuda, je me suis débarrassé de tous les objets superflus, et n’ai gardé au final que quelques pièces de monnaie, trente francs en billets, mon appareil de photo, mon Iphone et… la clef de mon appartement que j’ai détaché de mon trousseau et rangé dans la poche supérieure droite de mon bermuda.
La promenade a finalement été de courte durée car il faisait nettement plus frais que prévu.
Au retour, je n’avais plus qu’une envie : retrouver les bras de Morphée.
Mais voilà que (hé oui !) en plongeant la main dans ma poche droite, je n’y trouve plus la clef de chez moi !
J’essaye une à une les autres poches et toujours rien. Comme mon bermuda a six poches en tout, je les réexamine une-à-une, et : non, je les avais bien toutes vérifiées.
Comme toujours dans ses cas-là, je commence à envisager le pire, et dans le but de l’exorciser, je vide illico toutes mes poches : je me retrouve avec les pièces de monnaies, les billets, l’appareil de photo, l’Iphone… mais pas de clef.
Au désespoir, je vérifie sous le paillasson, sachant bien que je n’y trouverai rien.
Je suis à un souffle de m’effondrer en pleurs sur les marches de l'escalier. Que puis-je faire ? Je ne peux appeler un serrurier ou ma sœur : je n’ai pas pris mon téléphone portable. Je peux me rendre directement chez ma sœur, mais il est presque 22h et… que pourra-t-elle faire ?
Je veux juste aller me coucher au chaud, dormir, tout oublier.
Ma détresse atteint son comble, lorsqu’une petite voix, mais très petite, je l’entends à peine, me souffle :
« Ta clef est dans ta poche droite, vérifies encore. »
J’en extrais mon I-phone, je le palpe, je démêle nerveusement les fils des écouteurs, et là, au sein de la mini-pelote, ma clef réapparait.
Je n’ai aucun souvenir de la suite.
Je me suis endormi à une vitesse record, et j’ai émergé une dizaine d’heures plus tard, avec un sentiment d’angoisse toujours logé au creux du ventre.
Une journée de plus à affronter.
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Depuis quelques semaines, mon humeur suit une courbe descendante.
A l’origine de cette dépression se trouve probablement le départ abrupt d’une employée. Celui-ci se préparait déjà depuis un moment : suite à des insatisfactions répétées de ma part, je lui avais donné un ultimatum il y a environ trois mois aux termes duquel si elle ne faisait pas de gros efforts, je me verrais forcé de lui donner son congé, et c’est finalement elle qui a démissionné.
Je me retrouve en conséquence à travailler deux à trois fois plus, à ruminer les raisons de cet échec professionnel et relationnel, incapable pour l’instant d’engager quelqu’un d’autre, et globalement à m’épuiser physiquement et émotionellement.
Hier soir, ce sentiment de dépression a atteint un pic lorsque, de retour à la maison pour une soirée de week-end, je me suis trouvé incapable, comme je l’avais préalablement décidé, de m’atteler à reprendre mon blog, et tout aussi incapable de regarder le film qu’un client m’avait prêté.
En fait, je me suis rendu compte que je n'arrivais pas à avoir la moindre activité ludique.
Je me suis donc finalement résolu à aller faire une balade avant d’aller me coucher relativement tôt.
Comme la soirée semblait assez douce et que je comptais sortir en chemise et en bermuda, je me suis débarrassé de tous les objets superflus, et n’ai gardé au final que quelques pièces de monnaie, trente francs en billets, mon appareil de photo, mon Iphone et… la clef de mon appartement que j’ai détaché de mon trousseau et rangé dans la poche supérieure droite de mon bermuda.
La promenade a finalement été de courte durée car il faisait nettement plus frais que prévu.
Au retour, je n’avais plus qu’une envie : retrouver les bras de Morphée.
Mais voilà que (hé oui !) en plongeant la main dans ma poche droite, je n’y trouve plus la clef de chez moi !
J’essaye une à une les autres poches et toujours rien. Comme mon bermuda a six poches en tout, je les réexamine une-à-une, et : non, je les avais bien toutes vérifiées.
Comme toujours dans ses cas-là, je commence à envisager le pire, et dans le but de l’exorciser, je vide illico toutes mes poches : je me retrouve avec les pièces de monnaies, les billets, l’appareil de photo, l’Iphone… mais pas de clef.
Au désespoir, je vérifie sous le paillasson, sachant bien que je n’y trouverai rien.
Je suis à un souffle de m’effondrer en pleurs sur les marches de l'escalier. Que puis-je faire ? Je ne peux appeler un serrurier ou ma sœur : je n’ai pas pris mon téléphone portable. Je peux me rendre directement chez ma sœur, mais il est presque 22h et… que pourra-t-elle faire ?
Je veux juste aller me coucher au chaud, dormir, tout oublier.
Ma détresse atteint son comble, lorsqu’une petite voix, mais très petite, je l’entends à peine, me souffle :
« Ta clef est dans ta poche droite, vérifies encore. »
J’en extrais mon I-phone, je le palpe, je démêle nerveusement les fils des écouteurs, et là, au sein de la mini-pelote, ma clef réapparait.
Je n’ai aucun souvenir de la suite.
Je me suis endormi à une vitesse record, et j’ai émergé une dizaine d’heures plus tard, avec un sentiment d’angoisse toujours logé au creux du ventre.
Une journée de plus à affronter.
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