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« Comment faisait-on avant Internet ? »
Cette question, qui revient souvent dans les discussions entre proches, évoque une deuxième préoccupation, tout aussi essentielle : « Que ne fait-on plus depuis qu’on a internet ? »
Il y a presque trente ans, cette même question m’a été soumise par une amie par rapport à la télévision, dont j’étais alors très friand et qu’elle avait bannie de son existence.
J’avais argué que la télévision permettait de rester connecté au monde et donnait accès à quantité de films et de spectacles et était un moyen tout-à-fait pertinent de se cultiver.
Cette amie m’avait répliqué que chaque minute passée devant la télévision était une minute de vie perdue dans le Réel, le Monde qui nous entoure directement.
Ça m’avait tellement marqué que j’avais très rapidement déconnecté l’antenne de mon poste. J’ai tenu bon pendant presque 10 ans sans télévision. Je suis ainsi passé au travers de la Chute du Mur de Berlin et la 1ère Guerre du Golf et maints autres évènements plus ou moins importants sans accès direct à la télévision.
Je compensais d’ailleurs un peu bêtement ce manque quotidien en me gavant de télévision presque tous les dimanches soirs chez ma mère.
Pour le reste, je dois avouer que je meublais mon temps libre par des séances de cinéma quasi quotidiennes, parfois doublées par des séances vidéo à la maison !
Mais sans doute ai-je aussi un peu plus profité de la vie en général.
Depuis sont arrivés les ordinateurs (à la maison et au travail), et… internet.
Déjà sur l’ordinateur seul j’ai eu de longues périodes où je me perdais dans des jeux, puis j’ai tenté de décrocher en utilisant l’ordinateur pour de la création, graphique dans un premier temps et photographique plus récemment.
Puis j’ai eu une connexion internet au travail d’abord, ce qui a eu pour conséquence que je passais presque toute mes journées devant l’écran et que je poursuivais ses séances après le travail, parfois jusqu’à trois ou quatre heures du matin !
Je surfais bien sûr, mais j’y ai aussi cherché une compagne sur des sites de rencontre (avec succès… à l’époque) et j’ai découvert le « tchat ».
Depuis, j’ai complètement décroché du « tchat », conversations écrites quasi en temps réel, pour glisser vers les forums, conversations écrites, mais en temps différé.
Au final, le résultat est presque toujours le même : j’en sors épuisé, sans en avoir tiré une satisfaction réelle ou durable de l’exercice.
L’ordinateur et internet deviennent alors des gigantesques vortex d’énergie physique et intellectuelle.
Le seul remède réellement efficace à cette addiction pour moi est de me rendre ponctuellement dans un endroit où il n’y a pas internet. Ou en tout cas pas internet à domicile.
C’est alors l’occasion de redécouvrir le plaisir de longues balades, d’ingurgiter des livres à un rythme que je ne connais plus depuis plus d’une décennie.
Par contre, mon très ancien projet de trouver une compagne « pour la vie » et de fonder une famille reste désespérément en panne, de même que celui de développer une création artistique ou littéraire conséquente.
J’aimerais aussi laisser une marque sur le Monde, par exemple en appréhendant un de ses fléaux majeurs et en y apportant une solution pratique.
Le problème par rapport à ce projet-là est que, pendant presque trente ans, j’ai développé une carrière liée au commerce de détail, et donc, lorsque je parle à certaines personnes de mes idées grandioses, la réaction est invariablement : « Mais t’es qui, toi ? »
On peut alors concevoir qu’internet, la télévision, le cinéma et même la lecture sont des moyens de ne pas faire face à ces frustrations majeures, de rester « jusqu’au bout » dans l’évasion.
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mercredi 20 octobre 2010
vendredi 17 septembre 2010
Les Petits Pas.
Dans le chemin qui mène à une amélioration de ma santé, j’ai découvert une technique que j’applique depuis quelques mois: les petits pas.
Pour ceux qui n’auraient pas suivi (lire certains de mes chapitres précédents et se référer au titre même de ce blog), j’ai découvert en 2005 que j’avais développé de l’hydrocéphalie, qui se traduit depuis plusieurs années par des maux de tête, des fatigues, une grande difficulté à effectuer des calculs compliqués, une tendance très prononcée à perdre à la fois des objets et le fil de mes pensées et enfin une sensibilité aigüe au stress, qui provoque immanquablement des états d’abattement et de découragement.
Une bonne manière de combattre cet état qui touche à tous les aspects de ma vie a donc été de le faire au cas par cas, et d’essayer de m’y tenir.
Par exemple, j’ai rapidement établi des « check-lists » pour mes déplacements réguliers. L’un pour mes départs quotidiens, généralement au travail.Y figure mes lunettes, mon agenda, ma clef USB, un agenda bis en fait, mon appareil de photo, qui ne me quitte jamais, mon téléphone portable, des rappels à vérifier l’état des différentes batteries : combien de fois n’ai-je pas subi la panne inopinée de mon téléphone portable justement, de mon I-Pod ou de mon appareil de photo ?
J’y note aussi un rappel de prendre mon médicament du matin et de fermer mes velux* : comme j’habite en attique, un tel oubli peut entrainer une inondation de l’ensemble de mon appartement en cas de fortes pluies.
Au travail, ma check-list de fin de journée se résume pour l’instant à ma clef USB, le seul oubli répété constaté jusqu’ici.
J’en ai un autre pour chaque départ vers la maison secondaire où je me rends une petite dizaine de fois par an, et une autre encore lorsque je la quitte: fermer les volets, l’eau, l’électricité, ne pas y laisser d’aliments périssables (un melon entier il y a encore 2 mois). J’utilise une variante de cette check-list pour mes autres voyages.
Comme je l’ai raconté dans le chapitre précédent, j’ai aussi développé des techniques pour éviter tout épisode de stress, dont une est de m’efforcer de toujours partir à mes rendez-vous avec quelques minutes d’avance. Si par hasard je pense pouvoir caser une dernière activité avant le départ en question, j’évalue calmement cette option, et si elle n’est pas réaliste, alors j’en abandonne le projet.
J’établis de plus des programmes quotidiens auxquels je me tiens le plus possible, mais sans me formaliser lorsque l’un ou l’autre point n’a pas été finalisé le jour où je l’ai inscrit. Il est simplement reporté sur le jour suivant.
Un autre des petits pas mis en route dans mon quotidien concerne des aspirations écologistes que je muris depuis que je suis adolescent.
Au cours des années passées, j’ai ruminé un nombre important de projets écologistes, certains plutôt ambitieux et d’autres… carrément hors de ma portée immédiate.
J’aimerais par exemple alerter les pouvoirs publics sur certains problèmes qui touchent notre planète et proposer les solutions pour y remédier mais, pour l’instant… je n'ai pas encore trouvé comment aborder la chose.
J’ai d’ailleurs créé un forum dans ce sens, http://sauvez-la-planete.niceboard.com/forum.htm. et… il n’a jamais vraiment décollé. Mais au moins, il existe et je vous encourage à y jeter au moins un coup d’œil.
A titre purement personnel, j'ai par contre décidé d’appliquer certains principes écologiques simples, et de m’y tenir.
Par exemple, depuis près de six mois j'ai presque complètement cessé d'utiliser les sacs plastiques jetables des grandes surfaces, leur préférant le sac unique réutilisable. Depuis lors, j’en ai possédé deux en tout et pour tout : j’ai perdu le premier après une semaine ( !) et le deuxième sert toujours.
Il y a un mois à peine, il m’est apparu que l’eau chaude que j’utilisais pour à peu près tout (me laver les mains, me raser, faire la vaisselle…) n’avait aucune utilité, et était très dépensière en énergie.
Et donc, autant que possible, je lui ai substitué l’eau froide. Pas encore pour les douches, mais… pour tout le reste.
Je précise que je n'ai pas encore complètement perdu l'automatisme d'ouvrir d'abord le robinet d'eau chaude, mais ça viendra.
Lorsque je me prépare un thé, je verse à présent d’abord l’eau froide dans ma tasse, et ne fait ainsi chauffer que la quantité exacte dont j’ai besoin.
Voilà, ce sont des entreprises modestes, mais qui ont leur importance.
Un petit pas entraine un autre, puis un autre, et avant qu’on ne s’en rende compte, la Vie sera plus belle!
* "velux" est un terme suisse qui désigne des "lucarnes de toit" (?). Je n'ai pas encore trouvé le terme "international".
jeudi 9 septembre 2010
Retour en Terre Très Connue.
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Sitôt revenu des îles anglo-normandes, je suis reparti pour une destination qui tient du pèlerinage annuel : Saint-Jean-de-Luz et sa Côte Basque.
En effet, aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours passé là mes vacances d’été.
En 2005, la maison familiale qui me servait de point d’ancrage estival depuis plus de 40 ans a été vendue et je me suis sérieusement posé la question de savoir si je continuerai à venir dans la région dans la mesure où j’avais sans doute passablement épuisé les possibilités de découvertes locales.
Comme cette vente s’est effectuée sur deux ans, j’en ai profité pour tester la pertinence de cette quasi certitude pendant cette période.
J’ai ainsi découvert à mon grand étonnement que par le passé j’avais finalement visité les mêmes sites chaque année, les mêmes quatre ou cinq plages. Ma connaissance de la ville se limitait presque à l’artère commerciale principale et deux-trois autres points névralgiques. Les jours de temps maussades, j’avais eu recours aux mêmes options touristiques : le Musée de la Mer de Biarritz, les Grottes de Sarre et d'Oxocelhaya, très belles au demeurant, et enfin les Ventas, des sentiers de contrebande typiques de la région qui se terminaient invariablement autour d’un verre d’Izarra ou de cidre basque dans une auberge située sur la frontière franco-espagnole.
Une année, j’ai mis fin à ce cycle lorsque j’ai entrepris de découvrir à pieds le quartier directement attenant à la maison, tout un univers de propriétés pittoresques et de rues qui m’étaient totalement inconnues jusque là.
Depuis, je réitère presque chaque année cette ballade élémentaire avec un étonnement toujours renouvelé.
Par la suite, j’ai entrepris de visiter tous les châteaux des environs : le petit Château d’Urtubie à Urrugne, l’impressionnant Château d’Abbadie à Hendaye, le Château d’Arcangues, encore occupé aujourd’hui par la famille du même nom. Il faut ajouter à ces vénérables bâtisses La Villa Arnaga à Cambo, qui a jadis appartenu à Edmond Rostand et qui fut construite dans le plus pur style basque, mais dans des dimensions quasi monumentale, et la Villa Leihorra, un impressionnant exemple d'architecture Art Déco qui domine la commune de Ciboure.
Par contre, en quatre décennies, je n’ai jamais mis les pieds dans la Maison Louis XIV à St Jean-de-Luz ni dans la Maison de l’Infante à Ciboure, deux hauts lieux touristiques.
Cette année, j’ai très vite opté de ne pas me fixer d’impératifs de visites, ni même en fait de me contraindre au moindre pèlerinage « obligatoire ».
J’ai même décidé d’éviter un certains nombres de destinations habituelles : exit Biarritz et Bayonne-Ville, pas plus de visites dans les petits villages de la région, Arcangues et Ainoha parmi les plus typiques, j’ai sciemment ignoré la Pointe de Sainte Barbe avec son point de vue maritime exceptionnel. Et Dieu sait si ce site est pour moi un des plus émouvants de la région !
Côté shopping, je me suis fixé l’ambition de ne pas mettre une seule fois les pieds dans la moindre « grande surface », privilégiant systématiquement les épiceries de quartier.
Je me suis par contre rendu trois fois dans une librairie de livres soldés, et j’ai ressenti un malaise grandissant qui m’a conforté dans la décision d’éviter d’autres « passages du souvenir ». Dans ce cas précis, j’ai conclu que cette échoppe était liée pour moi à une époque où je collectionnais des œuvres d’art et les livres s’y référant, et cette passion m’ayant à présent complètement quittée, je n’y avais plus rien à y faire.
Mon projet personnel le plus important de ce séjour a consisté à éviter tout épisode de stress et d’angoisse. Ça n’a pas toujours été couronné de succès mais j’ai néanmoins décidé d’appliquer certaines habitudes prises pendant cette dizaine de jours lors de mon retour à la vie active.
En bref, ces vacances m’ont conforté dans la certitude qu’il n’est pas indispensable de voyager loin ou dans des lieux exotiques pour s’enrichir les yeux et la tête.
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St-Jean-de-Luz. Août 2010. L'ancienne propriété familiale.
Sitôt revenu des îles anglo-normandes, je suis reparti pour une destination qui tient du pèlerinage annuel : Saint-Jean-de-Luz et sa Côte Basque.
En effet, aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours passé là mes vacances d’été.
En 2005, la maison familiale qui me servait de point d’ancrage estival depuis plus de 40 ans a été vendue et je me suis sérieusement posé la question de savoir si je continuerai à venir dans la région dans la mesure où j’avais sans doute passablement épuisé les possibilités de découvertes locales.
Comme cette vente s’est effectuée sur deux ans, j’en ai profité pour tester la pertinence de cette quasi certitude pendant cette période.
J’ai ainsi découvert à mon grand étonnement que par le passé j’avais finalement visité les mêmes sites chaque année, les mêmes quatre ou cinq plages. Ma connaissance de la ville se limitait presque à l’artère commerciale principale et deux-trois autres points névralgiques. Les jours de temps maussades, j’avais eu recours aux mêmes options touristiques : le Musée de la Mer de Biarritz, les Grottes de Sarre et d'Oxocelhaya, très belles au demeurant, et enfin les Ventas, des sentiers de contrebande typiques de la région qui se terminaient invariablement autour d’un verre d’Izarra ou de cidre basque dans une auberge située sur la frontière franco-espagnole.
Une année, j’ai mis fin à ce cycle lorsque j’ai entrepris de découvrir à pieds le quartier directement attenant à la maison, tout un univers de propriétés pittoresques et de rues qui m’étaient totalement inconnues jusque là.
Depuis, je réitère presque chaque année cette ballade élémentaire avec un étonnement toujours renouvelé.
Par la suite, j’ai entrepris de visiter tous les châteaux des environs : le petit Château d’Urtubie à Urrugne, l’impressionnant Château d’Abbadie à Hendaye, le Château d’Arcangues, encore occupé aujourd’hui par la famille du même nom. Il faut ajouter à ces vénérables bâtisses La Villa Arnaga à Cambo, qui a jadis appartenu à Edmond Rostand et qui fut construite dans le plus pur style basque, mais dans des dimensions quasi monumentale, et la Villa Leihorra, un impressionnant exemple d'architecture Art Déco qui domine la commune de Ciboure.
Par contre, en quatre décennies, je n’ai jamais mis les pieds dans la Maison Louis XIV à St Jean-de-Luz ni dans la Maison de l’Infante à Ciboure, deux hauts lieux touristiques.
Cette année, j’ai très vite opté de ne pas me fixer d’impératifs de visites, ni même en fait de me contraindre au moindre pèlerinage « obligatoire ».
J’ai même décidé d’éviter un certains nombres de destinations habituelles : exit Biarritz et Bayonne-Ville, pas plus de visites dans les petits villages de la région, Arcangues et Ainoha parmi les plus typiques, j’ai sciemment ignoré la Pointe de Sainte Barbe avec son point de vue maritime exceptionnel. Et Dieu sait si ce site est pour moi un des plus émouvants de la région !
Côté shopping, je me suis fixé l’ambition de ne pas mettre une seule fois les pieds dans la moindre « grande surface », privilégiant systématiquement les épiceries de quartier.
Je me suis par contre rendu trois fois dans une librairie de livres soldés, et j’ai ressenti un malaise grandissant qui m’a conforté dans la décision d’éviter d’autres « passages du souvenir ». Dans ce cas précis, j’ai conclu que cette échoppe était liée pour moi à une époque où je collectionnais des œuvres d’art et les livres s’y référant, et cette passion m’ayant à présent complètement quittée, je n’y avais plus rien à y faire.
Mon projet personnel le plus important de ce séjour a consisté à éviter tout épisode de stress et d’angoisse. Ça n’a pas toujours été couronné de succès mais j’ai néanmoins décidé d’appliquer certaines habitudes prises pendant cette dizaine de jours lors de mon retour à la vie active.
En bref, ces vacances m’ont conforté dans la certitude qu’il n’est pas indispensable de voyager loin ou dans des lieux exotiques pour s’enrichir les yeux et la tête.
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St-Jean-de-Luz. Août 2010. L'ancienne propriété familiale.
mardi 24 août 2010
Retour en Terre Inconnue.
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J’avais déjà visité les Îles anglo-normandes il y a une quinzaine d’années, plus spécifiquement Jersey, Guernesey et Sark, mais je me suis aperçu il y a environ une année que j’en conservais très peu de souvenirs.
Je m’y étais rendu à l’époque avec Sophie, ma compagne du moment et j’y suis retourné cette fois-ci avec Bridget, une amie qui songeait à s’y rendre depuis deux ans.
Mes seuls souvenirs marquants tenaient dans ma visite du Zoo de Gerald Durrell sur Jersey, l’arrivée sur le port de Guernesey, et Sark et son décor idyllique.
Du Zoo, je me souvenais qu’il était structuré comme un jardin anglais vallonné, avec beaucoup de gazon et certains enclos très ouverts. A l’époque, j’avais été très marqué par un contact direct avec un maki, animal que je découvrais pour la première fois en vrai. Celui-ci m’avait pris le doigt à travers une cage, et m’avait regardé de ces grands yeux inexpressifs. Pas une seconde je n’avais eu peur, ni de l’animal, ni de me faire réprimander par le personnel, malgré un panneau demandant aux visiteurs de ne pas chercher à toucher les pensionnaires de peur de leur transmettre des maladies.
J’avais aussi réussi à capter l’attention d’un guépard enfermé dans un vaste enclos aux grilles assez basses, et je m’étais amusé à courir à ses côtés, le long de la grille. J’avais eu l’impression que ce guépard avait bien apprécié cette course.
Et cette année, première surprise, l’enclos des makis ne ressemblent en rien à celui que j’avais connu : impossible actuellement d’avoir le moindre contact. En plus, contrairement à des parcs concurrents, très ouverts, leur cage était constituée ici d’une clôture très élevée aux mailles assez serrées. Pour accentuer la déception, il était même presque impossible de les prendre en photos (comme presque tous les autres pensionnaires du zoo) sans faire apparaître l’aspect carcéral du lieu.
Quant au guépard, il avait tout simplement disparu, de même que tout autre félin!
L’aspect général du centre était complètement différent : plus aucune trace du gazon, et l’architecture de l’endroit paraissait à la fois plus moderne et compact par endroits, mais aussi plus riche en végétation luxuriante et exotique.
Globalement cette visite au zoo a été une déception, mais elle m’a aussi frappée car je n’y ai retrouvé aucun souvenir concordant avec ma première venue.
Même chose avec le port de Guernesey. Ce n’est qu’après avoir longuement muri ce souvenir que je suis arrivé à la conclusion que la grande esplanade de béton dont je garde l’image devait être une arrivée de ferry, que nous n’avons pas utilisé lors du présent voyage.
Mystère sans doute résolu.
Sark enfin était mon souvenir le plus marquant de ces îles avec notamment la « Coupée », cette structure artificielle consolidée par des soldats allemands après la 2ème Guerre Mondiale et qui relie Grande Sark et Petite Sark. Elle se dresse toujours, majestueuse.
J’étais de plus convaincu que l’île était très densément couverte de petites maisons, et c’est aujourd’hui encore très loin d’être le cas. Nous y avons en fait surtout traversé des zones sauvages ou semi-sauvages: champs et prés dépourvus de toutes constructions.
Je me réjouissais de passer sous le très long tunnel qui permettait d’accéder au « village » depuis le pont d’amarrage du port et… il n’a jamais existé ! La réalité tient dans un tunnel d’une dizaine de mètres à peine, et le reste de la montée se fait le long d’une route à ciel ouvert, tout à fait traditionnelle.
Quant au village, il m’avait frappé à l’époque car il ne comportait aucun magasin d’alimentation traditionnel. Tout juste peut-être un modeste dépanneur et un unique magasin de souvenir et, me semblait-il, un bistrot d’aspect très modeste.
Or, cette fois-ci, quinze ans après tout de même, l’île compte au moins trois épiceries très bien fournies, une poste qui fait en plus office de magasin d’informatique, de papèterie et sauf erreur, de magasin de pêche.
Quant aux hôtels et aux bistrots, ils étaient trop nombreux pour que je les répertorie !
Globalement, c’était comme si je redécouvrais cette île – et les autres- pour la première fois.
Par contre, le présent séjour a été l’occasion de visiter des sites que je ne connaissais assurément pas du tout, comme la charmante île de Herm, la plus modeste des quatre citées ici.
Son seul village, minuscule, tient en un hôtel entouré de quelques maisons et agrémenté de quelques boutiques de souvenirs et d’articles de plages. Une ballade permet de faire le tour de l’île en deux heures environ, avec ses plages et ses criques.
L’île possède ce qui est probablement la plus petite prison au monde, un minuscule bâtiment qui permet d’enfermer un seul prisonnier dans une cellule unique de moins de 2 mètres de diamètre sur 2 mètres de haut.
Sinon, j’ai été frappé sur l'ensemble des îles par la présence importante de plantes exotiques que je ne connaissais pas.
J’ai aussi été surpris de découvrir que Jersey possédait un vignoble qui produit un vin très léger, « Maison La Mare ». De plus, ce producteur confectionne une large sélection de confitures et de gelées aux arômes originaux et délicieux.
Ah, les confitures ! Un de ces jours, il me faudra y consacrer un chapitre séparé !
La plus fameuse des confitures de « La Mare » est la « Jersey Black Butter », à base de pommes bouillies en cuisson lente (jusqu’à 24 heures, ai-je lu !), additionnées de cidre, de « Apple Brandy », de cannelle et de réglisse.
Cette mixture mérite à elle seule le voyage vers ses îles.
Jogging dans les rochers de Sark.
J’avais déjà visité les Îles anglo-normandes il y a une quinzaine d’années, plus spécifiquement Jersey, Guernesey et Sark, mais je me suis aperçu il y a environ une année que j’en conservais très peu de souvenirs.
Je m’y étais rendu à l’époque avec Sophie, ma compagne du moment et j’y suis retourné cette fois-ci avec Bridget, une amie qui songeait à s’y rendre depuis deux ans.
Mes seuls souvenirs marquants tenaient dans ma visite du Zoo de Gerald Durrell sur Jersey, l’arrivée sur le port de Guernesey, et Sark et son décor idyllique.
Du Zoo, je me souvenais qu’il était structuré comme un jardin anglais vallonné, avec beaucoup de gazon et certains enclos très ouverts. A l’époque, j’avais été très marqué par un contact direct avec un maki, animal que je découvrais pour la première fois en vrai. Celui-ci m’avait pris le doigt à travers une cage, et m’avait regardé de ces grands yeux inexpressifs. Pas une seconde je n’avais eu peur, ni de l’animal, ni de me faire réprimander par le personnel, malgré un panneau demandant aux visiteurs de ne pas chercher à toucher les pensionnaires de peur de leur transmettre des maladies.
J’avais aussi réussi à capter l’attention d’un guépard enfermé dans un vaste enclos aux grilles assez basses, et je m’étais amusé à courir à ses côtés, le long de la grille. J’avais eu l’impression que ce guépard avait bien apprécié cette course.
Et cette année, première surprise, l’enclos des makis ne ressemblent en rien à celui que j’avais connu : impossible actuellement d’avoir le moindre contact. En plus, contrairement à des parcs concurrents, très ouverts, leur cage était constituée ici d’une clôture très élevée aux mailles assez serrées. Pour accentuer la déception, il était même presque impossible de les prendre en photos (comme presque tous les autres pensionnaires du zoo) sans faire apparaître l’aspect carcéral du lieu.
Quant au guépard, il avait tout simplement disparu, de même que tout autre félin!
L’aspect général du centre était complètement différent : plus aucune trace du gazon, et l’architecture de l’endroit paraissait à la fois plus moderne et compact par endroits, mais aussi plus riche en végétation luxuriante et exotique.
Globalement cette visite au zoo a été une déception, mais elle m’a aussi frappée car je n’y ai retrouvé aucun souvenir concordant avec ma première venue.
Même chose avec le port de Guernesey. Ce n’est qu’après avoir longuement muri ce souvenir que je suis arrivé à la conclusion que la grande esplanade de béton dont je garde l’image devait être une arrivée de ferry, que nous n’avons pas utilisé lors du présent voyage.
Mystère sans doute résolu.
Sark enfin était mon souvenir le plus marquant de ces îles avec notamment la « Coupée », cette structure artificielle consolidée par des soldats allemands après la 2ème Guerre Mondiale et qui relie Grande Sark et Petite Sark. Elle se dresse toujours, majestueuse.
J’étais de plus convaincu que l’île était très densément couverte de petites maisons, et c’est aujourd’hui encore très loin d’être le cas. Nous y avons en fait surtout traversé des zones sauvages ou semi-sauvages: champs et prés dépourvus de toutes constructions.
Je me réjouissais de passer sous le très long tunnel qui permettait d’accéder au « village » depuis le pont d’amarrage du port et… il n’a jamais existé ! La réalité tient dans un tunnel d’une dizaine de mètres à peine, et le reste de la montée se fait le long d’une route à ciel ouvert, tout à fait traditionnelle.
Quant au village, il m’avait frappé à l’époque car il ne comportait aucun magasin d’alimentation traditionnel. Tout juste peut-être un modeste dépanneur et un unique magasin de souvenir et, me semblait-il, un bistrot d’aspect très modeste.
Or, cette fois-ci, quinze ans après tout de même, l’île compte au moins trois épiceries très bien fournies, une poste qui fait en plus office de magasin d’informatique, de papèterie et sauf erreur, de magasin de pêche.
Quant aux hôtels et aux bistrots, ils étaient trop nombreux pour que je les répertorie !
Globalement, c’était comme si je redécouvrais cette île – et les autres- pour la première fois.
Par contre, le présent séjour a été l’occasion de visiter des sites que je ne connaissais assurément pas du tout, comme la charmante île de Herm, la plus modeste des quatre citées ici.
Son seul village, minuscule, tient en un hôtel entouré de quelques maisons et agrémenté de quelques boutiques de souvenirs et d’articles de plages. Une ballade permet de faire le tour de l’île en deux heures environ, avec ses plages et ses criques.
L’île possède ce qui est probablement la plus petite prison au monde, un minuscule bâtiment qui permet d’enfermer un seul prisonnier dans une cellule unique de moins de 2 mètres de diamètre sur 2 mètres de haut.
Sinon, j’ai été frappé sur l'ensemble des îles par la présence importante de plantes exotiques que je ne connaissais pas.
J’ai aussi été surpris de découvrir que Jersey possédait un vignoble qui produit un vin très léger, « Maison La Mare ». De plus, ce producteur confectionne une large sélection de confitures et de gelées aux arômes originaux et délicieux.
Ah, les confitures ! Un de ces jours, il me faudra y consacrer un chapitre séparé !
La plus fameuse des confitures de « La Mare » est la « Jersey Black Butter », à base de pommes bouillies en cuisson lente (jusqu’à 24 heures, ai-je lu !), additionnées de cidre, de « Apple Brandy », de cannelle et de réglisse.
Cette mixture mérite à elle seule le voyage vers ses îles.
Jogging dans les rochers de Sark.
vendredi 20 août 2010
Photomanie 3
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Au-delà des avantages purement techniques du matériel, le support digital a surtout été pour moi l’occasion de développer, et dans certains cas de me découvrir, des véritables manies photographiques.
Dans les tous premiers mois d’utilisation de mon premier appareil digital, j’ai une fois pris un cliché accidentel où apparut plus tard sur mon écran un arbre que je ne reconnaissais pas du tout : sa texture était étrange, et les couleurs étaient légèrement faussées.
Je m’empressai alors d’accentuer cette texture et les tons grâce un logiciel basique pour obtenir un résultat plus franchement décalé.
Je réussis assez vite à comprendre comment j’avais obtenu l’effet initial, et essayai de le reproduire. Un peu plus tard, je compris enfin qu’il me suffisait de bouger l’appareil au moment du déclenchement en réglant volontairement l’appareil pour une luminosité inadéquate. Autrement dit, je réglai l’appareil sur « plein soleil » alors que je prenais mes photos en luminosité réduite ou même de nuit avec des éclairages ambiants artificiels, tout cela sans flash, bien sûr. J’évite de recourir à ce dernier.
Ce petit jeu a monopolisé un grand nombre de mes prises de vue de paysages urbains pendant des mois, jusqu’au jour où j’ai découvert que je pouvais similairement l’appliquer à des portraits…. Ce qui m’a excité quelques mois de plus.
Mon attention s’est ensuite reporté sur la recherche de textures plus ou moins inédites, souvent d’ailleurs (mais pas toujours) en ayant recours à la même technique de l’appareil secoué/bougé.
Sols de pierre, surfaces aquatiques, végétales, boiseries diverses.
Et j’en vins tout naturellement à me focaliser sur les reflets. Et hop ! Des reflets partout !
Dans les vitres, les miroirs mais aussi l’eau, les carrosseries…
A travers ces différentes manies, il m’est apparu à la longue que l’être humain, mes amis, mes parents ou même des inconnus, tenaient une place mineure dans mes préoccupations artistiques, et que, très souvent, mes sujets favoris tendaient vers l’introspection et la fuite. Car, comment définir autrement mon intérêt prononcé pour des détails d’objets, des formes quasi abstraites, et surtout pour des mondes parallèles, reproduits et déformés par des vitres démultipliées, des morceaux de métal tordu ou des surfaces liquides plus ou moins troublées ?
J’interprète de plus ces voyages dans la matière comme des équivalents à des voyages psychédéliques.
La première partie du « voyage » se produit lorsque je prends la photo.
J’identifie le sujet à photographier, par exemple une voiture dont le phare arrière reflète une maison. J’isole le sujet et prends la photo. De retour chez moi, je pénètre un peu plus dans l’image en resserrant encore le cadre pour ne garder que le reflet dans le phare.
N’apparaissent plus alors que la maison légèrement déformée et des éléments de verre exprimant des textures et des formes diverses.
Depuis des années, je caresse le projet d’engager des modèles et de les photographier en studio ou dans des décors intimes, en portraits ou en nus.
En 2004, j’ai découvert un site internet de photographies de jeunes femmes presque toujours nues, la plupart du temps dans des décors naturels : jardins, plages, montagnes, cours d’eau.
Ce site a bien sûr une vocation érotique, mais les photographes y développent un talent que je trouve au moins aussi excitant que la beauté dévoilée des modèles, et ces jeunes femmes dégagent des charmes naturels qui me touchent beaucoup.
On entre bien sûr là dans le domaine du fantasme pur, mais j’aimerais beaucoup entamer des projets dans ces directions.
Un de ces jours peut-être.
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Au-delà des avantages purement techniques du matériel, le support digital a surtout été pour moi l’occasion de développer, et dans certains cas de me découvrir, des véritables manies photographiques.
Dans les tous premiers mois d’utilisation de mon premier appareil digital, j’ai une fois pris un cliché accidentel où apparut plus tard sur mon écran un arbre que je ne reconnaissais pas du tout : sa texture était étrange, et les couleurs étaient légèrement faussées.
Je m’empressai alors d’accentuer cette texture et les tons grâce un logiciel basique pour obtenir un résultat plus franchement décalé.
Je réussis assez vite à comprendre comment j’avais obtenu l’effet initial, et essayai de le reproduire. Un peu plus tard, je compris enfin qu’il me suffisait de bouger l’appareil au moment du déclenchement en réglant volontairement l’appareil pour une luminosité inadéquate. Autrement dit, je réglai l’appareil sur « plein soleil » alors que je prenais mes photos en luminosité réduite ou même de nuit avec des éclairages ambiants artificiels, tout cela sans flash, bien sûr. J’évite de recourir à ce dernier.
Ce petit jeu a monopolisé un grand nombre de mes prises de vue de paysages urbains pendant des mois, jusqu’au jour où j’ai découvert que je pouvais similairement l’appliquer à des portraits…. Ce qui m’a excité quelques mois de plus.
Mon attention s’est ensuite reporté sur la recherche de textures plus ou moins inédites, souvent d’ailleurs (mais pas toujours) en ayant recours à la même technique de l’appareil secoué/bougé.
Sols de pierre, surfaces aquatiques, végétales, boiseries diverses.
Et j’en vins tout naturellement à me focaliser sur les reflets. Et hop ! Des reflets partout !
Dans les vitres, les miroirs mais aussi l’eau, les carrosseries…
A travers ces différentes manies, il m’est apparu à la longue que l’être humain, mes amis, mes parents ou même des inconnus, tenaient une place mineure dans mes préoccupations artistiques, et que, très souvent, mes sujets favoris tendaient vers l’introspection et la fuite. Car, comment définir autrement mon intérêt prononcé pour des détails d’objets, des formes quasi abstraites, et surtout pour des mondes parallèles, reproduits et déformés par des vitres démultipliées, des morceaux de métal tordu ou des surfaces liquides plus ou moins troublées ?
J’interprète de plus ces voyages dans la matière comme des équivalents à des voyages psychédéliques.
La première partie du « voyage » se produit lorsque je prends la photo.
J’identifie le sujet à photographier, par exemple une voiture dont le phare arrière reflète une maison. J’isole le sujet et prends la photo. De retour chez moi, je pénètre un peu plus dans l’image en resserrant encore le cadre pour ne garder que le reflet dans le phare.
N’apparaissent plus alors que la maison légèrement déformée et des éléments de verre exprimant des textures et des formes diverses.
Depuis des années, je caresse le projet d’engager des modèles et de les photographier en studio ou dans des décors intimes, en portraits ou en nus.
En 2004, j’ai découvert un site internet de photographies de jeunes femmes presque toujours nues, la plupart du temps dans des décors naturels : jardins, plages, montagnes, cours d’eau.
Ce site a bien sûr une vocation érotique, mais les photographes y développent un talent que je trouve au moins aussi excitant que la beauté dévoilée des modèles, et ces jeunes femmes dégagent des charmes naturels qui me touchent beaucoup.
On entre bien sûr là dans le domaine du fantasme pur, mais j’aimerais beaucoup entamer des projets dans ces directions.
Un de ces jours peut-être.
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mardi 10 août 2010
Photomanie 2
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« Clic clac ! »
C’est le bruit que faisaient traditionnellement les anciens appareils photo analogiques.
Que font à présent les appareils digitaux ?
Vérification faite, le mien fait plutôt « snikt ! ».
Et donc je fais « snikt, snikt, snikt ! » souvent des dizaines de fois par jour, parfois des centaines.
Car la première merveille de l’Ere Digitale, c’est de ne pas être limité dans le nombre de photos prises, ou alors uniquement par la durée de vie de la batterie ou la capacité de la carte mémoire chargée. Et dans mon cas, c’est environ 150 photos par charge de batterie, ce qui est tout-à-fait suffisant pour une session photographique même intense.
Cette liberté d’action me permet à l’occasion de « mitrailler » un sujet unique difficile, et ensuite de faire le tri entre les images complètement ratées et celles qui ont du potentiel.
Autrefois, j’aurais été fatalement limité par les pellicules à 36 «pauses » (c’est par ce terme que l’on départageait communément les différents films). Imaginez que j’aie photographié un sujet une trentaine de fois. Que faire de la fin du film ? Le terminer ou changer préventivement de pellicule au risque de manquer l’occasion idéale ?
Un autre avantage majeur du numérique sur l’argentique réside dans le traitement de l’image après sa capture.
J’ai déjà décris ma frustration de ne pas avoir su développer et tirer mes photos argentiques moi-même.
A présent, non seulement j’obtiens des résultats souvent proches de l’effet rêvé, mais en plus j’ai le plaisir de manipuler moi-même les outils pour arriver au résultat final, de décider au millimètre près du cadrage, de travailler le contraste ou la tonalité de l’image avec des variations multiples.
Août 2010. Jersey. Un exemple de sélection après "mitraillage".
« Clic clac ! »
C’est le bruit que faisaient traditionnellement les anciens appareils photo analogiques.
Que font à présent les appareils digitaux ?
Vérification faite, le mien fait plutôt « snikt ! ».
Et donc je fais « snikt, snikt, snikt ! » souvent des dizaines de fois par jour, parfois des centaines.
Car la première merveille de l’Ere Digitale, c’est de ne pas être limité dans le nombre de photos prises, ou alors uniquement par la durée de vie de la batterie ou la capacité de la carte mémoire chargée. Et dans mon cas, c’est environ 150 photos par charge de batterie, ce qui est tout-à-fait suffisant pour une session photographique même intense.
Cette liberté d’action me permet à l’occasion de « mitrailler » un sujet unique difficile, et ensuite de faire le tri entre les images complètement ratées et celles qui ont du potentiel.
Autrefois, j’aurais été fatalement limité par les pellicules à 36 «pauses » (c’est par ce terme que l’on départageait communément les différents films). Imaginez que j’aie photographié un sujet une trentaine de fois. Que faire de la fin du film ? Le terminer ou changer préventivement de pellicule au risque de manquer l’occasion idéale ?
Un autre avantage majeur du numérique sur l’argentique réside dans le traitement de l’image après sa capture.
J’ai déjà décris ma frustration de ne pas avoir su développer et tirer mes photos argentiques moi-même.
A présent, non seulement j’obtiens des résultats souvent proches de l’effet rêvé, mais en plus j’ai le plaisir de manipuler moi-même les outils pour arriver au résultat final, de décider au millimètre près du cadrage, de travailler le contraste ou la tonalité de l’image avec des variations multiples.
Août 2010. Jersey. Un exemple de sélection après "mitraillage".
samedi 26 juin 2010
Photomanie 1
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Jusqu’à 13 ans, j’ai eu un appareil de photo « Kodak Instamatique » que l’on chargeait grâce à une cartouche en plastique rigide dans laquelle le film était stocké roulé à une extrémité et s’enroulait à l’autre.
J’ai aussi brièvement possédé un appareil offert dans le magazine « Pif Gadget », un ancêtre des « jetables » popularisés une vingtaine d’années plus tard. Le procédé était très ingénieux : on achetait en parallèle du magazine une cartouche de film « Kodak » et on y fixait un système mécanique rudimentaire comprenant une lentille plastique, un déclencheur manuel (l’utilisateur évaluait lui-même la vitesse d’obturation) et un enrouleur. Une fois le film finit, on démontait les pièces de la cartouche et on les remontait sur une autre cartouche.
Les résultats obtenus n’étaient guère spectaculaires mais tout-à-fait acceptables pour un usage purement ludique.
Vers 13 ans, ma mère m’offrit mon premier « réflexe », un « Ricoh » avec lequel j’eus une véritable révélation créatrice. Je conserve encore aujourd’hui de nombreuses photos prises avec.
J’ai envisagé à une époque à apprendre à développer moi-même mes photos mais n’ai jamais franchi le pas. Du coup, je dépendais toujours d’un laboratoire professionnel pour faire le travail. J’avais presqu’exclusivement recours au même, à qui je donnais des instructions assez précises de contrastes et de cadrages, mais j’étais rarement satisfait par le résultat.
J’ai ensuite commencé à utiliser un « Polaroïd », dont le procédé de développement immédiat me fascinait. Pendant plusieurs années, je n’ai presque plus utilisé mon « réflex », d’autant moins depuis que mon labo de prédilection avais alors fermé.
C’est aussi dans cette période que j’ai pris l’habitude d’emporter mon Polaroïd partout ou presque avec moi. Ce n’était guère pratique car c’était un appareil relativement encombrant, mais c’est par ce biais que j’ai développé une tendance à prendre des clichés de mon environnement immédiat.
J’ai dû rapporter une fortune en pellicules à la firme à une époque où ses affaires périclitaient par ailleurs. Imaginez : chaque film de 20 poses coûtait dans les 25 FS !
Et pour ce prix, on n’obtenait que des clichés uniques de petite taille, dont la durée de vie était limitée : 5 ans après, ils se sont presque tous évaporés.
Seuls subsistent ceux que j’ai conservés à l’abri de la lumière.
Je suis entré dans l’ère digitale contre mon gré, et le plus tard possible. J’étais à l’époque convaincu qu’il était impossible de faire des photos artistiquement viables avec ce type de support.
Je ne l’utilisais donc que pour des usages professionnels ou pratiques, et seulement petit-à-petit dans une démarche plus esthétique.
A présent, je n’envisage pas de revenir à l’argentique.
Le digital est devenu mon ami.
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Photos prises le jour où j'ai reçu mon premier appareil reflex, en 73 ou 74.
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Jusqu’à 13 ans, j’ai eu un appareil de photo « Kodak Instamatique » que l’on chargeait grâce à une cartouche en plastique rigide dans laquelle le film était stocké roulé à une extrémité et s’enroulait à l’autre.
J’ai aussi brièvement possédé un appareil offert dans le magazine « Pif Gadget », un ancêtre des « jetables » popularisés une vingtaine d’années plus tard. Le procédé était très ingénieux : on achetait en parallèle du magazine une cartouche de film « Kodak » et on y fixait un système mécanique rudimentaire comprenant une lentille plastique, un déclencheur manuel (l’utilisateur évaluait lui-même la vitesse d’obturation) et un enrouleur. Une fois le film finit, on démontait les pièces de la cartouche et on les remontait sur une autre cartouche.
Les résultats obtenus n’étaient guère spectaculaires mais tout-à-fait acceptables pour un usage purement ludique.
Vers 13 ans, ma mère m’offrit mon premier « réflexe », un « Ricoh » avec lequel j’eus une véritable révélation créatrice. Je conserve encore aujourd’hui de nombreuses photos prises avec.
J’ai envisagé à une époque à apprendre à développer moi-même mes photos mais n’ai jamais franchi le pas. Du coup, je dépendais toujours d’un laboratoire professionnel pour faire le travail. J’avais presqu’exclusivement recours au même, à qui je donnais des instructions assez précises de contrastes et de cadrages, mais j’étais rarement satisfait par le résultat.
J’ai ensuite commencé à utiliser un « Polaroïd », dont le procédé de développement immédiat me fascinait. Pendant plusieurs années, je n’ai presque plus utilisé mon « réflex », d’autant moins depuis que mon labo de prédilection avais alors fermé.
C’est aussi dans cette période que j’ai pris l’habitude d’emporter mon Polaroïd partout ou presque avec moi. Ce n’était guère pratique car c’était un appareil relativement encombrant, mais c’est par ce biais que j’ai développé une tendance à prendre des clichés de mon environnement immédiat.
J’ai dû rapporter une fortune en pellicules à la firme à une époque où ses affaires périclitaient par ailleurs. Imaginez : chaque film de 20 poses coûtait dans les 25 FS !
Et pour ce prix, on n’obtenait que des clichés uniques de petite taille, dont la durée de vie était limitée : 5 ans après, ils se sont presque tous évaporés.
Seuls subsistent ceux que j’ai conservés à l’abri de la lumière.
Je suis entré dans l’ère digitale contre mon gré, et le plus tard possible. J’étais à l’époque convaincu qu’il était impossible de faire des photos artistiquement viables avec ce type de support.
Je ne l’utilisais donc que pour des usages professionnels ou pratiques, et seulement petit-à-petit dans une démarche plus esthétique.
A présent, je n’envisage pas de revenir à l’argentique.
Le digital est devenu mon ami.
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Photos prises le jour où j'ai reçu mon premier appareil reflex, en 73 ou 74.
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