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La vitrine d’une boutique devant laquelle je passe souvent affiche depuis des semaines un livre d'exception: « Helmut Newton, Sumo », le plus cher jamais produit, d'après la pub.
Le modèle qui illustre sa couverture est une femme qui m’a durablement impressionné il y a plus de 30 ans. Elle est d’abord apparue dans l’édition américaine de « Playboy » avant de poser pour Newton pour sa série « Big Nudes », utilisée ici.
Pendant une période d’un peu plus de 10 ans, de 13 à 25 ans, j’ai été un fan assidu de « Playboy ». D’abord à travers les exemplaires que mon père collectionnait et que je consultais en cachette. Puis de façon autonome, dès que j’ai eu l’âge de les acheter.
La découverte de cette vitrine de magasin a provoqué chez moi un élan nostalgique qui m’a donné envie de retrouver certaines de ces femmes désirées il y a tant d’années. Mais comment faire?
J’ai alors repensé à l’une d'elles : Susan Lynn Kiger, Playmate de Janvier 1977.
J’ai retrouvé des photos d’elle sur internet et c’était comme si je repèrenais contact avec une vieille amie. Elle n’a pas changé. Toujours aussi sportive, gracieuse, provocante. Elle fait toujours du ski. Elle séjourne toujours dans le même chalet où elle aime à se prélasser langoureusement au coin du feu. Elle porte toujours les même bottines invraisemblables en laine tricotée blanche, qu’elle lace et délace sans fin.
Seule sa coiffure me surprend à présent, tellement elle évoque avec le recul celle de Farrah Fawcett à la même époque !
Susan Lynn Kiger. Soupirs…. Tout une époque.
Et tout un univers de désirs et de tourments intimes retrouvés.
Et le modèle de Helmut Newton ? Je n'ai eu aucune difficulté à évoquer aujourd'hui son noble pedigree : Henriette Allais , Playmate du mois de mars 1980.
Ces dernières années, j’ai du mal à me rappeler où je laisse des objets, j’oublie le code d'entrée de mon immeuble, et je suis parfois incapable de me souvenir du nom de personnes de mon entourage.
Mais les alias portés par deux images de papier sur lesquelles je me suis satisfait il y a trois décennies sont gravés à jamais.
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Genève. Avril 2010.
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mardi 6 avril 2010
mercredi 3 mars 2010
La Lecture
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Je ne lis presque plus.
De livres, donc. Et encore moins de romans.
Pour le libraire que je suis (depuis 28 ans) c’est un sérieux handicap.
Jusqu’au mois dernier, je n’avais plus lu de roman depuis quatre ou cinq ans. Et j’ai fait des tentatives multiples, au moins 4 ou 5 par année.
Parfois, j’ai abandonné au bout d’une dizaine de pages, mais le plus souvent dès les toutes premières.
Le phénomène le plus récurrent est que j’entame les premières pages, et au bout de quelques-unes, je m’aperçois que je n’assimile plus le sens de ce que je lis. Ou alors je l’assimile sur le moment, mais je ne me souviens pas des pages précédentes. D'autres fois, je ne parviens pas à visualiser, ou à donner corps à la réalité décrite par l’auteur.
Dans le dernier roman que j’ai lu, jusqu'au bout cette fois-ci, je me suis rendu compte que je n’arrivais souvent pas à différencier les principaux personnages. Leur nom avait beau être répété par l’auteur, rien n’y faisait : j’essayais de les individualiser, l’un marié et indigène au cadre du roman, l’autre célibataire et étranger, mais ça persistait à demeurer flou dans mon esprit.
Si bien que je me suis plusieurs fois résolu à considérer ces deux personnages comme un seul.
Il y a quelque mois, j’avais découvert un article mettant en garde contre les méfaits d’internet : d’après son auteur, internet était en train de créer une génération de « surfeurs » navigant à la surface des sujets, sans réflexion, mais aussi des lecteurs incapables de se concentrer sur un sujet plus de quelques minutes.
Hé bien, devinez quoi ? Je n’ai pas réussi à lire l’article… au-delà du premier paragraphe !
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Je ne lis presque plus.
De livres, donc. Et encore moins de romans.
Pour le libraire que je suis (depuis 28 ans) c’est un sérieux handicap.
Jusqu’au mois dernier, je n’avais plus lu de roman depuis quatre ou cinq ans. Et j’ai fait des tentatives multiples, au moins 4 ou 5 par année.
Parfois, j’ai abandonné au bout d’une dizaine de pages, mais le plus souvent dès les toutes premières.
Le phénomène le plus récurrent est que j’entame les premières pages, et au bout de quelques-unes, je m’aperçois que je n’assimile plus le sens de ce que je lis. Ou alors je l’assimile sur le moment, mais je ne me souviens pas des pages précédentes. D'autres fois, je ne parviens pas à visualiser, ou à donner corps à la réalité décrite par l’auteur.
Dans le dernier roman que j’ai lu, jusqu'au bout cette fois-ci, je me suis rendu compte que je n’arrivais souvent pas à différencier les principaux personnages. Leur nom avait beau être répété par l’auteur, rien n’y faisait : j’essayais de les individualiser, l’un marié et indigène au cadre du roman, l’autre célibataire et étranger, mais ça persistait à demeurer flou dans mon esprit.
Si bien que je me suis plusieurs fois résolu à considérer ces deux personnages comme un seul.
Il y a quelque mois, j’avais découvert un article mettant en garde contre les méfaits d’internet : d’après son auteur, internet était en train de créer une génération de « surfeurs » navigant à la surface des sujets, sans réflexion, mais aussi des lecteurs incapables de se concentrer sur un sujet plus de quelques minutes.
Hé bien, devinez quoi ? Je n’ai pas réussi à lire l’article… au-delà du premier paragraphe !
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