Affichage des articles dont le libellé est calvitie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est calvitie. Afficher tous les articles

jeudi 4 mars 2010

La Vieillesse et la Mort.

.

Lorsque l’on est enfant, la vieillesse et la mort sont des concepts assez abstraits.
On est trop occupé à grandir et se développer pour se soucier en plus de ces choses-là.

Mon premier souvenir d’un signal clair que je n'étais pas éternel date de mes 22 ou 23 ans.
A l’époque, je courrais souvent pour attraper le bus. Parfois même, celui-ci partait sans moi et je continuais à le poursuivre jusqu’à l’arrêt suivant, par défi.
Et un jour, je me suis rendu compte que c’était un peu plus difficile. Le pas était plus lourd, les muscles réagissaient moins vite, le souffle était plus court.
J’ai malgré tout continué à le faire, pensant que la forme reviendrait, mais ça n’a jamais vraiment été le cas.
Avec le temps, j’ai graduellement abandonné cette pratique : si le bus s’arrêtait 200 mètres devant moi, au mieux je pressais le pas, dans l’espoir de l’attraper quand même ; mais sinon… tant pis.
A présent, je ne prends même plus cette peine : je prévois déjà d'attendre le suivant.

Une expérience plus traumatisante concerne la perte des cheveux.
Vers 25 ou 26 ans, j'ai un jour raconté à un client comment un de mes proches amis avait perdu presque tous ses cheveux à vingt ans.
Celui-ci, un brin fataliste, me répondit :

« Bah, on les perd tous un jour. »

- Oui, ben pas moi, lui rétorquai-je un peu vite.

-Toi ? Mais bien sûr que tu les perds !

- Mais non !

- Mais si !

Et sans autre, il jeta un coup d’œil au sommet de mon crâne et confirma avec un sourire gêné:

- Je t’assure que si ; ça se voit nettement.

Sur le moment, je faillis me fâcher, car ce n’était pas drôle, mais… il ne plaisantait pas.

Je changeai donc rapidement de sujet, et classai la chose jusqu’au soir.
De retour à la maison, j’inspectai mon crâne avec l’aide d’un petit miroir.
Parfaitement visible, entre les mèches , je découvris un espace de plusieurs centimètres , complètement dégarni.

Dans la demi-heure qui suivit, je restai couché dans ma chambre, toutes lumières éteintes, à essayer d’assimiler, et surtout accepter, cette réalité nouvelle : je vieillissais.

« C’est le début de la fin. Je vieillis. Je vais mourir. Bon, je ne suis pas encore mort, mais bientôt. Ce n’est qu’une question de temps. »
Je voyais soudainement les années défiler. Je revoyais mes parents, mes grands-parents : j’allais devenir comme eux, et surtout, j’allais connaître le même sort que certains d’entre eux déjà à cette époque: la Mort.
.

St Jean-de-Luz. Juillet 2009.